À Heinrich Meibomius, le 16 septembre 1665
Note [4]

Arsenic (Thomas Corneille) :

« minéral fort caustique et poison fort violent. Il y a trois sortes d’arsenic : le blanc, qui est quelquefois transparent, qui se trouve presque dans toutes les mines de métal, et c’est celui qui emporte {a} l’argent dans les fontes ; le jaune, qui est l’orpiment, est de substance écailleuse et difficile à piler ; et le rouge, qui est le réagal ou risagal. Il y en a une quatrième sorte nommée sandaraque, qui est rouge et ne diffère des autres que par sa couleur plus foncée. Ces minéraux sont une terre aduste {b} si subtile et pénétrante qu’étant alliés avec les métaux, ils les ouvrent et corrompent, et transforment presque en une autre nature. Ils blanchissent le cuivre, le laiton et le plomb, comme l’argent. Ils sont chauds, secs et corrosifs, et dangereux à toute chose ayant vie. Ils se lèvent par feuilles comme du papier. […] L’arsenic est comme une suie ou un suc minéral, gras et onctueux, qui participe de la nature du soufre. Celui qu’on apporte ici d’ordinaire est une matière sublimée des parties égales de sel marin et d’orpiment en poudre mêlés ensemble dans des vaisseaux sublimatoires. »


  1. Extrait.

  2. V. note [18], lettre 509.

Sur son emploi médical, T. Corneille ajoute :

« Quoique l’arsenic soit un poison fort subtil et fort présent, il ne laisse pas d’avoir des facultés dont on peut tirer quelque utilité dans la médecine. Il peut servir à la guérison de la peste et d’autres maladies malignes, comme la mauvaise gale et le cancer, pourvu qu’il soit très bien préparé, et qu’on ait en l’employant toute la précaution qui peut être nécessaire. On le mêle aussi quelquefois parmi des médicaments externes, et surtout lorsqu’on veut ronger une chair superflue ; mais la quantité en doit être fort petite. On s’en sert encore extérieurement lorsqu’on est incommodé du poil de quelque partie, qu’on serait bien aise de faire tomber. »

V. note [8], lettre 811, pour Pierre Alliot, médecin de Bar-le-Duc, et son remède arsenical contre le cancer.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Heinrich Meibomius, le 16 septembre 1665. Note 4

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(Consulté le 12.11.2019)

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