À Charles Spon, le 16 novembre 1643
Note [50]

Saumur (Maine-et-Loire), au confluent de la Loire et du Thouet, était un grand centre religieux. Du côté catholique, le sanctuaire de Notre-Dame-des-Ardilliers attirait de nombreux pèlerins (v. note [19], lettre 535). Du côté calviniste, l’Académie était une Université protestante fondée par Philippe Duplessis-Mornay en 1593, qui rayonna sur toute l’Europe de son ouverture en 1600 jusqu’à sa suppression en janvier 1685, neuf mois avant la révocation de l’édit de Nantes.

Marc Duncan, gentilhomme et médecin écossais, était venu s’y établir comme professeur de philosophie, puis principal du Collège des calvinistes. Les fonctions qu’il avait à remplir dans ces deux places ne l’empêchèrent pas d’exercer la médecine, et son habileté lui fit acquérir une si grande réputation que Jacques ier, roi d’Angleterre, le nomma son médecin ordinaire ; mais Duncan s’était marié en France, il ne voulut pas quitter sa patrie adoptive et passa le restant de ses jours à Saumur où il mourut en 1640. Le livre dont parlait ici Guy Patin s’intitule Discours sur la possession des religieuses ursulines de Loudun (Paris, 1634, in‑8o) : Duncan eut le courage de dire que cette prétendue possession n’était qu’un effet de l’hystérie et d’une imagination déréglée ; l’ouvrage fit tant de bruit que Laubardemont, commissaire pour examiner cette affaire, lui en eût cherché bien des tracas si Duncan n’avait été protégé par la maréchale de Brézé dont il était médecin (J. in Panckoucke et Éloy).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1643. Note 50

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0097&cln=50

(Consulté le 11.07.2020)

Licence Creative Commons