À Charles Spon, le 5 juillet 1652
Note [7]

Journal de la Fronde (volume ii, fo 100 ro, juin 1652) :

« Le 21, le Parlement se devait assembler, mais les présidents et la plupart des conseillers n’osèrent aller au Palais, craignant les insultes du peuple qui était encore plus aigri que le jour précédent à cause qu’il vient fort peu du pain de Gonesse, {a} la plus grande partie ayant été prise par les troupes de Son Altesse Royale et de M. le Prince, lesquelles n’ayant point de pain, voulaient obliger les boulangers d’aller à Saint-Cloud. M. de Beaufort se trouva de bon matin au Palais et M. le Prince y étant arrivé peu après lui et voyant qu’il n’y avait que 26 conseillers, s’en alla chez le président Le Bailleul où l’on remarqua qu’il ne laissa pas d’entrer quoiqu’on lui eût dit qu’il n’y était pas. Il trouva tous les présidents assemblés sur ce sujet et leur offrit de les escorter au Palais ; mais ils ne voulurent pas s’y commettre. Ils parlaient de s’assembler l’après-dînée, mais ils trouvèrent le même inconvénient. Il en vint plusieurs au palais d’Orléans sur ce sujet, entre autres le président de Maisons, lequel étant arrivé au bas de la rue de Tournon en siège, {b} fut connu par une femme qui cria que c’était un mazarin. Aussitôt, la canaille se ramassa et l’obligea de se réfugier dans une maison de la même rue où ayant été assiégé, M. le Prince et M. de Beaufort, qui étaient dans le palais d’Orléans, furent aussitôt faire lever ce siège et conduisirent ce président dans ce palais où il demeura jusqu’à la nuit. »


  1. V. note [27], lettre 166.

  2. Chaise à porteurs.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 5 juillet 1652. Note 7

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(Consulté le 03.12.2020)

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