À Charles Spon, le 12 mars 1658
Note [7]

Carl Gustaf Wrangel (Skokloster, Upland 1613-île de Rügen 1676) avait brillé au service de la Couronne suédoise pendant la fin de la guerre de Trente Ans et tout au long des campagnes qui la suivirent (1646-1658) en Bavière, en Bohême, en Silésie, en Pologne, au Danemark, etc. Après la paix de 1660 il fut nommé maréchal du royaume, commandant général des troupes, président du Collège de la guerre, et désigné par Charles x-Gustave comme un des régents et tuteurs de son fils Charles xi (G.D.U. xixe s.).

L’île de Fyn, ou Fionie, est la seconde plus grande île du Danemark, située entre la péninsule du Jutland à l’ouest et l’île de Sjæland (où se trouve Copenhague) à l’est ; sa principale ville est Odense. La Traversée des Belts a été l’un des épisodes militaires les plus spectaculaires du xviie s. De nouveau en guerre contre les Danois, l’armée suédoise commandée par Wrangel, accompagné du traître Ulfeldt (v. note [11], lettre 263), avait envahi le Jutland en novembre 1657. Le rigoureux hiver avait gelé les deux détroits (belts) qui séparent le Danemark continental de la Fionie (Petit Belt, Lillebælt, 800 mètres de moindre largeur), et celle-ci du Sjæland (Grand Belt, Storebælt, 16 kilomètres). Le roi Charles-Gustave fit hardiment mettre son armée en ordre pour les traverser afin de menacer directement le cœur du royaume danois. Le 10 février 1658, ses quelque 9 000 cavaliers et 3 000 hommes de pied franchissaient sans encombre le Petit Belt et venaient aisément à bout des 3 000 Danois qui les attendaient sur l’île de Fyn. Beaucoup plus hasardeuse encore, la traversée du Grand Belt eut lieu avec un égal succès entre les 15 et 18 février, en passant par les îles de Langeland et Lolland, au sud du détroit. Une fois Sjæland atteinte, Copenhague était à portée des Suédois ; échec et mat, le roi du Danemark, Frédéric iii, dut accepter une paix humiliante (traité de Roskilde, le 8 mars), qui donnait à la Suéde les provinces de Scanie, Halland, Drontheim, Bornholm, etc., et vingt vaisseaux de ligne.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 12 mars 1658. Note 7

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(Consulté le 07.12.2022)

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