À Charles Spon, le 18 juin 1658
Note [8]

Oliver Cromwell, Lord Protecteur de la République d’Angleterre, déclinait alors sous l’effet de sa mauvaise santé ; il allait mourir le 3 septembre suivant. De son mariage, en 1620, avec Elizabeth Bourchier, étaient nés neuf enfants, dont six étaient en vie à ce moment.

  • Bridget, née en 1624, avait épousé en secondes noces, en 1651, Charles Fleetwood (1618-1692), Major-General et successeur potentiel de son beau-père, mais le destin en voulut autrement et il fut banni à la Restauration.

  • Richard (Huntingdon, Cambridgeshire 1626-Cheshunt, Hertfordshire 1712) avait été désigné par son père pour lui succéder. À la mort d’Oliver, Richard allait être proclamé Lord Protecteur sans résistance ; mais peu de temps après, les partis s’agitèrent autour de lui : les officiers républicains lui arrachèrent la dissolution du Parlement, réinstallèrent les anciens membres du Parlement croupion et firent décréter par cette assemblée que la République n’aurait plus ni chef unique ni chambre des lords. Richard, submergé, donna sa démission sans résistance, quitta l’Angleterre après la restauration de Charles ii (1660) pour s’exiler en France ; il rentra en Angleterre sous un nom d’emprunt en 1680.

  • Henry (1628-1674), réputé plus capable que son frère aîné, était alors Lord Deputy d’Irlande.

  • Elizabeth (1629-1658), la préférée de son père, mariée à John Claypole, allait mourir d’un cancer en août suivant.

  • Mary, née en 1637, avait épousé en 1657 Thomas Belasyse, vicomte Fauconberg, qui allait se rallier à la Couronne après la Restauration.

  • Frances (1638-1721) était veuve de Robert Rich (mort après trois mois de mariage) qu’elle avait épousé en 1657 (v. note [15], lettre 519). Elle avait été un moment pressentie pour épouser Charles ii.

En dépit du lignage roturier de la plupart, la France les traitait comme des princes étrangers. Louis xiv attendait à Calais l’arrivée de Richard, accompagné de son beau-frère Fleetwood, et de ses sœurs Bridget, Mary et Frances.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 18 juin 1658. Note 8

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(Consulté le 25.09.2020)

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