L. latine 312.  >
À Sebastian Scheffer, le 1er septembre 1664

[Ms BIU Santé no 2007, fo 175 vo | LAT | IMG]

Au même. [a][1]

Me voici qui vous écris à nouveau car Sebastian Switzer [2] nous quitte pour rentrer en votre pays et je n’ai pu obtenir de lui qu’il accepte de prendre un miroir à expédier là-bas : il dit qu’un objet de cette fragilité ne peut être transporté en des lieux si éloignés sans risque manifeste d’être brisé. Voyez donc la difficulté de cette entreprise, convenez peut-être de son impossibilité et décidez quoi faire ; et si votre argent ne peut être converti en un miroir, songez à le dépenser à autre chose. J’ai discuté avec divers marchands de miroirs, chez qui on en trouve grande quantité et variété ; le plus beau peut être acquis pour 20 thalers, [3] je pourrais vous l’envoyer bien emballé et dûment ficelé, mais je ne dispose d’aucun porteur idoine : votre ami Öchs [4] a aussi refusé de s’en charger. Pierre Mocquillon [5] s’est en outre souvenu que, dans vos lettres, vous aviez parlé d’un coffre, faites-nous donc savoir quelle sorte de coffre vous voulez. Est-ce un coffre en bois, couvert de cuir noir ou de maroquin rouge, enveloppé dans des tapis turcs ? [1] Est-ce quelque petit coffret précieux et ouvragé, du genre de ceux qu’ont les femmes des grands de chez nous ? Si tel est le cas, écrivez-nous du prix, de la matière, de la taille que vous désirez. Vive et vale, et aimez-moi. Je salue de tout cœur monsieur votre père, [6] votre très chère épouse [7] et le très distingué M. Horst. [8] Vale et aimez-moi.

De Paris, ce lundi 1er de septembre 1664.

Vôtre et sien, Guy Patin.


1.

L’italique est en français dans le manuscrit.

V. notes :

« Les tapis de Perse sont fort riches et plus estimés que ceux de Turquie » (Furetière).

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Sebastian Scheffer (Eidem [Au même] que la précédente écrite sur le même feuillet, qui est celle du 21 août 1664), ms BIU Santé no 2007, fo 175 vo.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 175 vo.

Eidem. Ecce iterum scribo, propter abeuntem et ad vos revertentem Seb.
Switzerum,
à quo non potui impetrare ut à me acciperet speculum ad vos trans-
vehendum : negat enim ejusmodi materiam frangibilem in tam remota loca transferri
posse, absque fractionis magno manifesto periculo : vide igitur difficultatem, et forsan
impossibilitatem agnosce istius negotij, et de illa re judica ; imò da operam, ut
si non possit pecunia tua converti in speculum, in alios usus transferatur : egi
cum varijs hominibus qui vendunt specula, apud quos maximam eorum copiam
et varietatem ; pulcherrimum haberi potest pro 20. Imperialibus, quod ad Te
possim mittere bene cinctum atque cancellatum, sed non habeo ad manum ve-
ctorem idoneum : idem enim recusavit vester Ochsius : Meminit quidem ex literis
tuis Petrus Moquillon, alicujus arcæ, fac ergo ut intelligamus qualenam arcæ
genus volueris, an ligneum, corio nigro tectam, ou de maroquin rouge ; an tapedibus Turcicis cinctam :
an arculam aliquam pretiosam et operosiorem, ex earum genere quas habent apud
nos uxores Magnatum ? quod si ita sit, scribe de pretio, de materia, de magni-
tudine quid volueris. Interea v. vive, vale, et me ama. Dominum Parentem
tuum, carissimam uxorem, Cl. virum D. Horstium, ex animo saluto. Vale, et me
ama. Parisijs, die Lunæ, 1. Sept. 1664. Tuus et suus Guido Patin.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Sebastian Scheffer à Guy Patin, le 1er septembre 1664.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1345
(Consulté le 06.12.2022)

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