L. latine reçue 1.  >
De François Citois, le 17 juin 1639

[Ms BIU Santé 2007, fo 19 ro | LAT | IMG]

Réponse de Citois à celle ci-dessus. [1]

Très distingué Monsieur, [a][1][2]

Face à tant de médecins illustres qui embellissent votre École, [3] j’ai honte d’être contraint à balbutier sur un sujet que vous avez si souvent rebattu dans le style le plus exquis. Et en chargeant mon fils de vous offrir mon traité, comme à M. Moreau, [4] j’ai eu pour seul dessein de vous prouver, et à tous les hommes sincères tels que vous, combien je déplore l’inconstance des médecins et d’autres gens envers les agréments d’Hippocrate [5] et de Galien, [6] dont votre École revendique et suit la doctrine en tête des autres. Ce n’est pas pour vous, qui êtes les maîtres du métier, que j’ai consigné le fruit de mes veilles, [2] mais pour ces médecins du dehors, qui peut-être s’en trouveront plus clairvoyants et, s’ils sont bien avisés, dissiperont les ténèbres qui leur voilent l’esprit. Je crains cependant que l’obscurité et l’âpreté de mon style ne vous aigrissent si fort l’estomac que ce mal se substitue à votre fièvre[7] ce dont Dieu veuille vous préserver. Pourtant, tout ce que vous aimez le plus chez Hippocrate et Galien, non seulement pour leur esprit, mais presque autant pour leur style, adoucira, j’espère, la véhémence de la maladie, dans la mesure où les objets agréables ont coutume de nous réconforter. Je vous suis donc extrêmement reconnaissant, très érudit Monsieur, de recevoir mes futilités d’un œil si bienveillant. Pour cette raison, je le serai plus encore si vous croyez que je suis, comme je vous en assure,

votre très dévoué et obéissant Citois, insigne vénérateur de vos vertus.

D’Abbeville, [8] le 17e de juin 1639.


s.

ms BIU Santé 2007, fo 19 ro.

Responsum Citesii ad superiorem.

Vir clarissime, Pudet me in luce tot illustrium
Medicorum qui Scholam vestram decorant, de re toties à vobis elegantissimo
stylo decantata balbutire coactum. Neque vel tibi à filio meo, aut D. Moræo
dissertationem meam oblatam alio consilio volui, quàm apud te et omnes candidos
tibi similes viros constaret, me dolere vicem Medicorum, alienorum à placitis
Hipp. et Galeni, quarum doctrinam Schola vestra præ ceteris sibi vendicat et
amplectitur. Lucubratio mea non vobis, artis proceribus scripta est, sed
illis externis Medicis, qui fortasse ex ea oculatiores fient, et si sapiunt tenebras
menti offusas discutient. Vereor interim ne styli mei caligo et asperitas ita
tibi stomachum moverit, ut quod Deus avertat febri tuæ locum dederit. Totum
tamen id quod Hippocratis et Galeni tibi amicissimorum est, non solùm mentis, sed
pænè etiam verborum, leniet, spero, morbi vehementiam, adeo à gratis objectis
refici solemus. Gratias autem tibi maximas refero, vir eruditissime, quod nænias
nostras tam benigno vultu exceperis, eo nomine chariores futuras si me tibi
semper addictissimum et obsequentissimum fore, ut spondeo, credidibis,

Citesium, virtutum tuarum cultorem eximium.

Datum Abevillæ 17. Iunii, 1639.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de François Citois à Guy Patin, le 17 juin 1639.
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(Consulté le 22.01.2021)

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