L. 948.  >
À André Falconet,
le 29 janvier 1669

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Monsieur, [a][1]

Je vous dirai que, depuis le 4e de janvier que je vous envoyai notre catalogue, [1][2] l’on commence ici à parler de la guerre qui va commencer en Lorraine. [3] Dieu veuille quelle n’aille pas plus loin. Ce duc de Lorraine [4] est un prince malheureux et étourdi qui cherche noise. Plusieurs compagnies ont reçu ordre de partir et il y en a déjà en chemin ; néanmoins, quelques-uns disent que la paix se fait, que le roi [5] n’aura pas la peine d’y aller et que le duc a mis de l’eau dans son vin.

Mercredi passé, 23e de janvier, nous enterrâmes à Saint-Médéric [6] Geneviève Piètre, [7] fille du grand Simon Piètre, [8] qui mourut en 1618, et veuve de M. Charles, [9][10] qui mourut l’an 1631. Elle avait 80 ans, son père et son mari ont tous deux été de grands médecins autrefois, et tous deux professeurs du roi.

M. l’abbé de Maisons, [2][11] conseiller de la Cour, de 40 000 livres de rente, fils du président au mortier, jadis surintendant des finances, [12] mourut hier subitement. [13] Il plaidait rudement et impudemment contre Monsieur son père. Voilà le procès terminé et fini, ses bénéfices perdus et donnés dès hier. Je suis, etc.

De Paris, ce 29e de janvier 1669.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 29 janvier 1669

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(Consulté le 19.10.2019)