L. latine 115.  >
À Melchior Sebizius,
le 24 janvier 1659

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[Ms BIU Santé 2007, fo 77 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Melchior Sebizius, docteur en médecine et professeur à Strasbourg. [a][1]

M. Ursinus [2] m’a remis votre lettre qui ne manque jamais de m’être agréable et où, par votre gentillesse peu commune, vous ne cessez de me défier, moi qu’une obligeante candeur d’esprit lie à vous depuis longtemps. Je brûle d’un indicible désir de voir votre Manuale practicum, qui est maintenant sous la presse, et ne doute pas qu’il sera de même goût que les livres que vous avez publiés jusqu’ici ; et la méthode nouvelle que vous transmettez ainsi augmente et enflamme mon désir, ut mihi tarda fluunt ingrataque tempora, quæ spem consiliumque morantur legendi[1][3] Je dois pourtant attendre ce moment opportun qui vient à point en toutes choses. Je ferai de mon mieux pour le promouvoir et crois que la république des lettres reconnaîtra mon mérite si les étudiants en médecine qui suivent mes leçons ont appris de moi à toujours l’avoir en mains. [4] Ce qui me tourmente et me met mal à l’aise, c’est que pour tant de si grands présents que j’ai reçus de vous, et non sans la plus haute expression de votre amour à mon égard, vous n’en supportez aucun venant de moi, même modeste, qui les contrebalancerait, ne serait-ce que piètrement ; vaincu par les vôtres, il me servirait au moins à écarter le soupçon d’un esprit oublieux et peu reconnaissant. Puisque nul prix ne peut être convenu entre nous pour vos livres, tout comme pour votre érudition et votre délicatesse, il serait bienvenu que vous souffriez que je vous payasse comme c’est la coutume chez les libraires, en vous achetant au détail du papier, de l’encre et du cuir. Ou bien, si vous préférez, puisque tous les livres de médecine que je possède en abondance, rangés dans mon étude, [5] sont à votre disposition, tout autant que les ouvrages en français, qu’ils traitent d’histoire ou de théologie, désignez ceux que vous voudrez et je prendrai soin de vous les faire porter sans délai. Puisque votre bienveillance s’étend aussi jusqu’aux miens, sachez donc que j’ai deux fils, tous deux docteurs en médecine de Paris : Robert, l’aîné, est âgé de 29 ans, [6] et Charles en a 25 ; [7] ils me chargent de vous présenter, ainsi qu’à votre très digne fils, [8] le plus ample compliment dont ils sont capables. Je vous envoie une lettre de M. Joncquet, notre collègue, qui s’est beaucoup consacré à la botanique depuis quelques années, et qui vous promet et offre volontiers diverses plantes. [9] Dans quelques mois, il donnera le catalogue de son jardin, récemment planté certes, mais entièrement empli de tous genres de végétaux ; [2] dès que son ouvrage me sera parvenu entre les mains, je ferai en sorte qu’il passe aussitôt dans les vôtres. Vous ne pouvez me faire une plus grande faveur qu’en m’avisant de ce que vous pourriez désirer venant de chez nous. Vous me ferez ainsi grand plaisir et je satisferai votre demande, de sorte que vous n’aurez pas le sentiment de m’avoir sollicité en vain. Portez-vous bien.

De Paris, le 24e de janvier 1659.

Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Melchior Sebizius, le 24 janvier 1659

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(Consulté le 09.04.2020)