L. latine 155.  >
À Heinrich Meibomius,
le 10 février 1661

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[Ms BIU Santé 2007, fo 98 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Heinrich Meibomius, à Leyde.

Très distingué Monsieur, [a][1]

J’ai reçu votre très savante lettre par notre ami commun M. Behrens. [2] Son élégance me la fait tenir pour un trésor et je la conserve tant à cause de vous que de Monsieur votre très distingué père, écrivain savant et brillant, dont je considère le souvenir comme saint et sacré, et honorerai aussi longtemps que je vivrai ; [3] son insigne omniscience fera assurément durer son souvenir tant que les belles-lettres seront en honneur et qu’on tiendra Hippocrate de Cos pour le prince le plus sacré des bons et avisés médecins. [4] Dieu fasse que, grâce à vous, son Syntagma de scriptoribus medicis voie rapidement le jour. [1] J’espère que sa lecture m’apprendra bien des choses que j’ignore encore, et me rendra meilleur et plus savant. Il semble qu’on doive imprimer séparément son traité de Cerevisiis, où bien des gens étancheront abondamment leur soif, bien qu’il soit moins médical que philologique. J’ai ici sa Vita Mæcenatis et son Commentarius in Hippocratis Jusjurandum ; mais n’ai jamais vu son Epistola de flagorum usu etc. ni son de renum officio, bien que j’aie entendu parler de l’un comme de l’autre. [2][5][6][7][8] Ne les trouve-t-on plus, tous les exemplaires en ont-ils été vendus ? Ne pourriez-vous pas en procurer une nouvelle édition ? Ce sera à vous d’en décider. Nos libraires forment une insupportable et opiniâtre catégorie d’hommes ; si vous ne parvenez pas à les faire éditer à Leyde, il n’y a presque rien à en espérer en France, sinon peut-être à Lyon sur la Saône, où résident de nombreux imprimeurs. Sans doute n’obtiendrez-vous jamais rien de tel [Ms BIU Santé 2007, fo 98 vo | LAT | IMG] de nos Parisiens dissolus qui ne cherchent qu’à gagner de l’argent. [9] Je n’ai jamais entendu parler en quelque façon que ce soit de la Philosophorum et Medicorum Araborum Vita de Leo Afer. [3][10][11] L’histoire de ces hommes, qui ont introduit quantité de sornettes dans notre médecine, m’a toujours semblé des plus douteuses ; en particulier ceux qu’ils appellent Avicenne et Mésué. [12][13] Je me passe aisément de les lire, comme je pense que tout médecin doit s’en abstenir ; ce à quoi j’ai toujours exhorté mes auditeurs, comme je me rappelle avoir jadis appris de mes très sages maîtres. [14] J’ai ici un grand nombre de livres dans ma très vaste bibliothèque, [15] je vous les propose tous s’ils peuvent par hasard vous être utiles. Je vous offre en outre ma propre personne, comme il est naturel pour celui que vous tiendrez toujours pour votre entièrement dévoué et lié à vous par la plus grande amitié,

Guy Patin.

De Paris, ce 10e de février 1661.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Heinrich Meibomius, le 10 février 1661

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(Consulté le 23.11.2020)