L. latine 282.  >
À Johannes Antonides Vander Linden,
le 28 février 1664

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[Ms BIU Santé 2007, fo 163 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Johannes Antonides Vander Linden, à Leyde.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Je vous écris de nouveau afin de vous remercier aussi fort qu’il m’est possible pour la Chronica Usserii [2] que je viens de recevoir grâce à vous ; [1] j’en rembourserai le prix à votre fils Henricus, [3] dès que vous me l’aurez indiqué. Hier, 12e de février, j’ai remis au fils d’Arnold Leers, libraire de Rotterdam, [4][5] un paquet bien emballé, dans lequel vous en trouverez un autre pour notre ami Christiaen Utenbogard, médecin à Utrecht ; [6] je vous prie instamment de veiller à le lui faire parvenir. Je vous envoie deux exemplaires de l’opuscule de Saumaise de Manna et saccharo ; [7][8][9] mais ses feuilles sont à couper en deux car il est par demi-feuilles[2] Je voudrais que vous en offriez le second exemplaire à votre très distingué collègue M. Van Hoorne, [10] avec mes profondes salutations. Notre différend avec le pape est, dit-on, achevé et réglé ; les articles de paix ne sont pas encore proclamés ; ce sont les arcanes des princes, les secrets du gouvernement, dont peu de gens auront peut-être jamais connaissance. [3][11][12] Dieu fasse que la guerre turque avec notre empereur puisse être aussi facilement terminée, de sorte que l’Europe jouisse enfin d’une paix solide et durable. [13][14] Nous avons ici un de nos très savants collègues, Antoine Charpentier, [15] qui souffre d’une double maladie, podagre rebelle et calcul dans la vessie ; [16][17] il n’a presque aucune chance d’être délivré de ce dernier autrement que par une cystotomie, [18] opération qu’il redoute extrêmement et qu’il se refuse obstinément à jamais endurer ; je crains donc qu’il finisse par dépérir, brisé par l’intensité de la douleur, en sa 70e année d’âge. [4] Son grand-père a été Jacques Charpentier, [19] jadis professeur de philosophie puis docteur en médecine de la Faculté de Paris ; et son père, Antoine Charpentier, [20] dont le très illustre de Thou a narré l’infortune et la mort malheureuse à l’année 1597 des Historiæ sui temporis, livre 118, pages 745 et 746. [5][21] Des preuves convaincantes accablent puissamment deux partisans, savoir de Lorme et Catelan, [6][22][23] qui ont tous deux administré des partis du trésor royal quand il était dirigé par Nicolas Fouquet ; lequel aura son procès après que ces deux concussionnaires auront été jugés, ce qui sera prochainement fait comme on le dit ici partout. [24] Portez-vous bien et aimez-moi.

De Paris, ce jeudi 28e de février 1664.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johannes Antonides Vander Linden, le 28 février 1664

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(Consulté le 17.10.2019)