L. latine 289.  >
À Sebastian Scheffer,
le 6 mars 1664

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[Ms BIU Santé 2007, fo 167 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Sebastian Scheffer, docteur en médecine à Francfort.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Je viens de recevoir votre dernière, écrite le 20e de février, par l’intermédiaire de votre noble allemand, M. von Groschlag, homme remarquable et à qui je ne ferai pas défaut s’il peut avoir besoin de mes services. [1][2] Je vous remercie de tout cœur pour votre lettre et pour votre réédition des petits traités d’Hofmann, [3] que vous avez bien voulu me dédier ; j’attendrai patiemment cette première page, elle me manque encore car le frontispice gravé n’en est pas terminé ; vous me l’enverrez en temps voulu. J’ai depuis longtemps reçu son livre de Febribus, publié à Tübingen ; [2] il est vraiment excellent et tout à fait digne d’être lu. Je remercie votre Götze [4] d’avoir bien voulu m’envoyer le Collegium que vous a dédié Frans Sylvius de Le Boë ; [3][5] on me l’apportera peut-être par une autre voie, savoir de la Hollande. Je salue le très distingué M. Johann Daniel Horst, [6] ainsi que M. Lotich. [7] Pour les Viri illustres Boissardi[8] si vous payez au graveur d’Heidelberg ce que je lui dois, j’aurai soin de vous en faire rembourser par M. Öchs [9] ou par Sebastian Switzer. [4][10] L’illustre M. von Groschlag a aujourd’hui assisté à ma leçon publique du Collège royal, en présence de presque 300 auditeurs. [11] Je salue de tout cœur Monsieur votre père, [12] ce vénéré vieillard que je tiens pour un excellent et très honorable personnage, ainsi que votre excellente épouse ; [13] tout comme vous et M. von Vorburg. [14] Mes deux fils en font de même. [15][16] Nous n’avons ici rien de nouveau sur la paix, [5][17][18] le Turc, [19] Fouquet [20] et les autres concussionnaires ; notre guerre contre le pape est, dit-on, éteinte. Il n’y a rien de nouveau en librairie. Portez-vous bien, très éminent Monsieur, et aimez-moi.

Écrit à la hâte, de Paris, ce 6e de mars 1664.

Votre Guy Patin de tout cœur. [6]

Comme je m’apprêtai à sceller ma lettre, M. Mocquillon [21] est revenu me voir et m’a dit que vous vouliez acheter un miroir pour Madame votre épouse ; [22] ce qui peut aisément se faire. Écrivez-moi donc le prix que vous voulez y mettre, quelle taille vous souhaitez, et s’il doit être nu ou encadré et décoré d’une baguette ou d’un treillis. Dites-moi en outre par quelle voie on pourra vous l’envoyer pour qu’il vous soit remis intact, sans être du tout fêlé ni brisé. Autrement en effet, si nous ne trouvions pas de moyen sûr, je préférerais qu’il soit acheté à Lyon par notre ami Spon, [23] pour moins cher qu’ici, s’il se trouvait là-bas un porteur idoine. Pour les exemplaires du livre des petits traités du très distingué Hofmann, [2] j’en prendrai 50 si l’imprimeur en demande un prix modéré, s’il se veut contenter d’un prix raisonnable, qui devrait être d’environ 10 ou 12 écus, qui font 10 ou 12 reichsdaler, thaler ou impériaux, [24] pour ces 50 exemplaires.

Mort de M. Vander Linden, à Leyde. [7][25]

Le mardi 11e de mars 1664, j’ai reçu par M. Rompf [26] une lettre écrite par M. Vorst, [27] à Leyde, dans laquelle il me mande la mort de notre bon ami M. Vander Linden, professeur en médecine, laquelle est arrivée le 5e de mars. Je prie bien pour son âme car il fut un homme honnête et savant, à qui je suis redevable de m’avoir beaucoup aimé. Je m’en afflige donc. Il a provoqué lui-même sa mort prématurée et intempestive par son excessive application à l’étude et ses veilles perpétuelles. Immodicis brevis est ætas et rara senectus[8][28][29][30][31]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 6 mars 1664

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(Consulté le 15.10.2019)