À Claude II Belin, le 28 avril 1639
Note [1]

Créance : « croyance religieuse » (Littré DLF).

Guy Patin s’est abondamment servi du nom de Maître Ignace ou de Père Ignace pour désigner les jésuites, qu’il disait ses carabins, parfois issus de sa braguette. Ignace (Iñigo) de Loyola (château de Loyola près d’Azpeitia, Pays Basque espagnol 1491-Rome 1556), prêtre en 1537, a fondé la Compagnie de Jésus en 1540, sous la protection du pape Paul iii (v. note [45] du Naudæana 3), pour en faire un puissant instrument de la contre-réforme (riposte catholique romaine à la Réforme protestante). Les principales activités de l’Ordre étaient l’enseignement, la direction de conscience, la prédication et les missions étrangères. On les accablait de mille infamies, notamment en relation avec leur influence sur les gouvernants, ce qui les mêlait aux affaires politiques, en faveur de Rome et de l’Espagne.

« Soldats de Dieu », on leur reprochait de ne renoncer à aucun moyen pour parvenir à leur fin, pourvu que ce fût ad maiorem Dei gloriam [Pour la plus grande gloire de Dieu]. La doctrine loyolitique s’illustrait dans la querelle de la grâce divine, en prenant le parti du libre arbitre contre la prédestination, défendue par les jansénistes (v. note [50], lettre 101). Ignace avait été canonisé en 1622. Patin détestait les jésuites, qu’il rangeait parmi la grande troupe des moines au service du pape, et n’a pas caché son inclination pour les croyances et les pratiques de Port-Royal, voire de Calvin.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 avril 1639. Note 1

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(Consulté le 11.05.2021)

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