À Charles Spon, le 22 septembre 1651, note 1.
Note [1]

Thomas Hobbes (Westport, Wiltshire 1588-Hardwick Hall 1679) avait publié en 1640 un traité de philosophie politique, The Elements of law, natural and politic [Les Éléments de loi, naturelle et politique], défendant la monarchie absolue qu’il considérait comme la seule manière de juguler l’individualisme belliqueux de l’homme. L’installation du Long Parliament (novembre 1640), préludant à l’explosion de la guerre civile, lui avait alors fait préférer l’exil à Paris où il séjourna de 1640 à 1651 ; année même où il publiait son ouvrage le plus célèbre, Leviathan, or the matter, form, and power of a common-wealth, ecclesiastical and civil… [Léviathan, ou la manière, la forme et le pouvoir d’une république, ecclésiastique et civile…] (Londres, A. Crooke, in‑fo), qui lui valut d’être accusé d’athéisme et de déloyauté à l’égard de la Couronne d’Angleterre, en faveur de la République de Cromwell. Au moment où Patin le soignait, Hobbes s’apprêtait à échapper aux ennuis en regagnant l’Angleterre où il arriva à la fin de 1651.

Sous le tite d’Éléments philosophiques du bon Citoyen. Traité politique où les fondements de la société civile sont découverts, par Thomas Hobbes, et traduits en français par un de ses amis (Paris, Jean Jénault, 1651, in‑8o ; première édition à Amsterdam, 1649), Samuel Sorbière avait traduit la Elementorum philosophiæ Sectio tertia : de Cive [Troisième section des Éléments de philosophie : Du Citoyen] (Paris, sans nom, 1642, in‑4o, pour l’édition originale). Sorbière a dit grand bien de ce livre et de son auteur dans sa lettre à Guy Patin, datée du 15 octobre 1646 (v. sa note [12]). Bien que qualifiée de Sectio tertia, c’était la première partie d’une trilogie (Elementa philosophiæ) dont les deux autres sections, De Corpore (sectio prima, Du Corps, v. note [14], lettre 406) et De Homine (sectio secunda, De l’Homme), allaient respectivement paraître en 1655 et 1658.

Le début de la Préface française du bon Citoyen résume ainsi les intentions de Hobbes :

« Je vous promets, lecteur, quatre choses capables de vous obliger à quelque attention, et desquelles je vous mettrai quelques traits devant les yeux dans cette préface. Je tâcherai donc de vous y faire remarquer la dignité et l’utilité de la matière que je veux traiter, la droite et courte méthode dont je me servirai, la juste cause et la bonne intention qui m’ont fait prendre la plume, et enfin la modération avec laquelle je coucherai par écrit mes pensées. J’expliquerai en ce traité quels sont les devoirs des hommes, premièrement en tant qu’hommes, puis en tant que citoyens, et finalement en tant que chrétiens ; dans lesquelles trois sortes de devoirs sont contenus les éléments du droit de la nature et du droit des gens, l’origine et la force de la justice, et même aussi l’essence de la religion chrétienne, autant que le permettent les bornes que je me suis données. »

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 septembre 1651, note 1.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0267&cln=1

(Consulté le 28/05/2024)

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