L. 406.  >
À Charles Spon,
le 13 juillet 1655

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Monsieur, [a][1]

Je vous envoyai une lettre de quatre grandes pages le mardi 22e de juin. [1] Depuis ce temps-là, qui ne fut qu’hier au soir, nouvelles sont arrivées ce matin que le cardinal Mazarin [2] est chu malheureusement sur une montée et combien qu’apparemment il dût être traité rudement du coup, néanmoins il ne lui en est resté qu’une contusion. Voilà comment Dieu préserve de grands désastres les ministres des grands états qui emploient tous leurs soins et toutes les veilles pour leur conservation ; voilà à quoi servent les prières des gens de bien, et surtout celles de la reine [3] qui est si dévote. Messieurs nos six docteurs qui ont donné de l’argent pour faire excommunier [4] l’auteur de l’Alethophanes et tous ceux qui en sauraient quelque chose sont ici moqués et hués de n’avoir pu rien découvrir de leur affaire. Il y a d’autres vers tout prêts contre eux pour faire imprimer au premier bruit qu’ils feront. Ils menacent de quelque nouvel attentat, mais Guénault [5] est bien en colère de ce qu’il ne peut trouver personne qui veuille entreprendre de répondre au bonhomme Perreau. [2][6]

Un conseiller du parlement de Bordeaux nommé Guyonnet, [7] qui s’était autrefois fort remué contre le Mazarin, a enfin quitté le pays et a pris parti avec le prince de Condé ; [8] mais de malheur pour lui, comme il était l’autre jour vers notre frontière, il fut arrêté prisonnier par quelqu’un des nôtres et amené à la cour ; delà il a été conduit ici et ferré dans la Bastille. [9] Je ne saurais dire ce qui en arrivera. [3]

Ce 27e de juin. J’ai aujourd’hui dîné avec un maître des requêtes où entre autres, il y avait un courtisan qui nous a dit que Landrecies [10] était assiégée de 8 000 hommes de pied et de 3 000 chevaux sous les commandements de MM. le maréchal de Gramont [11] et de Fabert, [12] gouverneur de Sedan ; [4][13] et que MM. les maréchaux de Turenne [14] et de La Ferté-Senneterre [15] commandaient une autre armée de 15 000 hommes pour aller au-devant du prince de Condé et pour l’empêcher d’approcher de Landrecies si d’aventure il voulait entreprendre de faire lever ce siège. On dit aussi que le roi [16] sort de La Fère [17] et qu’il s’en va à Saint-Quentin [18] où à Guise. [19] Cromwell [20] a fait faire des prières publiques en Angleterre pour apaiser l’ire de Dieu touchant le massacre de vos pauvres réformés des vallées de Luserne [21] et a fait faire une contribution pour assister les pauvres gens qui restent d’un tel massacre. [5] Il a aussi envoyé un gentilhomme exprès à la duchesse de Savoie [22] pour être fidèlement informé de ce massacre et savoir ce qu’elle en dira. [23] On dit que le prince de Condé menace de venir mettre le siège à Corbie, [24] mais qu’on l’empêchera bien de venir si avant, qu’il sera obligé de s’arrêter vers quelque ville de la mer, Calais, [25] Boulogne [26] ou Montreuil. [6][27] Il est fort en cavalerie, mais il n’a guère d’infanterie. Le roi s’en va à Soissons [28] pour être en place de plus grande sûreté. On a jeté 2 000 hommes dedans Saint-Quentin pour la peur qu’on a eue que les Espagnols ne l’assiégeassent.

On imprime en Italie des Consultations de médecine de Silvaticus. [7][29][30] Le Scribonius Largus de Io. Rhodius, [31][32] qui était sur la presse il y a trois ans entiers, est enfin achevé ; aussi bien qu’un traité de Iac. Tomasinus de Gymnasio Patavino, c’est celui qui a fait par ci-devant deux tomes d’Éloges d’hommes illustres[8][33] On y imprime aussi la deuxième partie des Commentaires de M. Phrygius [34] sur les Épidémies d’Hippocrate [35] et un traité de Gallia antiqua plein de figures qui sera dédié au roi d’Espagne. [9]

Le pape [36] a pris pour son premier médecin un Naldi [37] de Sienne qui était professeur à Pise ; ce n’est point le Nardi qui a travaillé sur Lucrèce. [10][38]

J’ai céans à vous envoyer un petit paquet, tant du livre de M. Guillemeau [39] que de celui de M. Le Noble [40] de Rouen de venis lacteis et thoracicis[11] et d’un autre petit envoyé à M. Merlet [41] contre l’antimoine. [42] Obligez-moi de me mander si vous avez vu le livre de feu M. Casaubon [43] intitulé Exercitationes in Annales ecclesiasticos Cardin. Baronii, etc., nouvellement imprimé à Genève in‑4o[12]

Ce 30e de juin. Notre siège devant Landrecies va fort bien et y a apparence que nous l’aurons dans un mois. Le prince de Condé ramasse ses troupes pour faire diversion, on dit qu’il a dessein de venir assiéger Corbie et que cela alarme fort la Picardie.

Qu’est devenu votre chimiste Arnaud ? [44] est-il encore en prison à Turin ? [45] ou à Lyon, en liberté ? ou bien, quel métier fait-il ? Et à propos de chimie, [46] mandez-moi, je vous prie, quel état vous faites du livre de M. Perreau contre l’antimoine et de l’Alethophanes que je vous ai envoyés. [2] On ne parle plus ici de ces drogues, je pense qu’il n’y a eu personne d’excommunié, au moins personne n’en a noirci. [13]

M. Du Prat [47] vient de sortir de céans avec son bon ami M. Martel [48] qui m’a dit que M. Hobbes [49] lui a écrit que son livre est achevé d’imprimer en Angleterre, intitulé de Philosophia de Corpore, in‑8o à Londres ; [14] qu’il en envoie un paquet à Paris à ses amis et qu’il y en aurait un pour lui, et que M. Usserius, Armacanus episcopus[15][50] y est mort. C’est celui qui faisait imprimer la Bible en onze langues, [51] laquelle contiendra six volumes et sera faite dans un an. M. Martel m’a dit que l’évêque de Nîmes est mort, que c’était un Toulousain nommé d’Ouvrier. [16][52] M. Du Prat vous baise les mains, et à mademoiselle votre femme.

M. Bourdelot [53] est toujours en son abbaye de Massay en Berry où il plaide fort contre ses moines, [54][55] et ses moines contre lui. [17] Il a eu peur de l’imposition de leurs mains, [18] et afin d’obvier à ce malheur qui pourrait arriver une autre fois, il va se faire prêtre afin que, s’il vient à être battu et bien frotté, qu’il puisse faire faire le procès à ces gens-là comme à des batteurs de prêtres. Il y avait ici deux hommes mélancoliques [56] et fous, [57] le peuple courait les voir tamquam ad rem novam ; [19] les prêtres et moines, animaux friands de démonomanie, [58] disaient qu’ils avaient le diable au corps et déjà commençaient à les exorciser. M. le chancelier[59] averti du fait, a écarté tout cela et les a renvoyés en leurs maisons ; ainsi, M. le chancelier a chassé le diable. C’est que son évangile vaut bien celle des moines, [20] et encore mieux, car il a bien de l’argent, et la pauvreté est un méchant diable qui ne se chasse que malaisément et contre lequel l’eau bénite des moines n’a aucun pouvoir.

J’ai vu ce matin M. Gassendi [60] qui m’a dit qu’il y avait longtemps qu’il attendait des nouvelles de M. Barbier [61] de Lyon, et même de M. de Champigny, [62] votre intendant de justice, sur les propositions qu’il avait faites audit sieur Barbier pour lui délivrer la copie de ses livres à imprimer bientôt. Il dit qu’il en aura la moitié de prête pour la Saint-Rémy prochaine. Si M. Barbier ne veut venir en traiter, et à composition, il pourra en perdre la préférence et j’en avertirai MM. Huguetan et Ravaud [63] qui m’ont autrefois témoigné qu’ils eussent bien voulu avoir cette copie pour la mettre sur la presse dès qu’ils auraient achevé leur Theatrum vitæ humanæ [64] et leur Sennertus[65] Quand seront achevés tous ces livres, sera-ce devant la fin de l’été ? [21]

Ce 2d de juillet. Je viens de consulter avec M. Moreau [66][67] qui m’a dit qu’il était après une lettre à achever pour vous ; peut-être que vous l’aurez avant même que la présente vous soit rendue. Il se porte fort bien, Dieu merci. Nous avons parlé de vous comme d’un patriarche des gens de bien et comme d’un bon israélite, [68] in quo non est fraus neque doli[22][69]

À propos de bonnes gens, aujourd’hui matin j’ai vu un capitaine qui a été en Allemagne, qui m’a fort loué les pilules de Francfort. [70] Je lui ai dit que j’en ai ouï parler comme d’un remède fort usité en Allemagne, mais que nous ne nous en servions guère à Paris ; d’autant que, comme elles sont faites d’aloès, [71] elles donnent les hémorroïdes, [72] quibus nimirum obnoxii sunt cives nostri, propter intemperiem biliosam et crapulam[23] Faites-moi la faveur de m’indiquer quelque auteur pharmacien qui les ait décrites ; ou tout au moins, apprenez-m’en la description, je ne la trouve point dans mes livres, pas même dans le Schroderus [73] qui en a fait le fin et ne les a osé décrire de peur de les rendre communes. [24]

M. Devenet, [74] après avoir fait ici ses changes, [25] m’a fait l’honneur de me venir dire adieu. Je lui ai derechef parlé des œuvres de Thomas Erastus [75] à réimprimer et lui ai fait à dessein quelques propositions de débit sur lesquelles il s’est un peu arrêté, et m’a promis d’y penser davantage. Faites-moi la faveur, s’il vous plaît, de lui faire mes recommandations et que je le prie de vous dire la résolution qu’il en a prise. Je veux tâcher de procurer cette édition nouvelle pour le bien public afin de l’opposer à ce monstrueux charlatan [76] de Paracelse [77] que l’on réimprime à Genève. Le Van Helmont [78] et le Paracelse peuvent bien augmenter la charlatanerie du siècle à laquelle les gens de bien se doivent opposer de tout leur pouvoir. Pour moi, je n’y saurais contribuer rien davantage que ce que je fais par mes leçons et en procurant l’édition de tels livres qui peuvent détromper beaucoup de monde. On mit hier prisonnier dans le Châtelet [79] un chimiste ou soi-disant tel qui faisait de la fausse monnaie [80] au faubourg de Saint-Germain. On a aujourd’hui pendu en effigie dans la Grève [81] quatre bateliers qui avaient tué un homme.

Ce 5e de juillet. Les Anglais qui étaient avec leur flotte devant Tunis [82] il y a quelque temps, [26] brûlèrent neuf vaisseaux qui avaient ordre d’aller en Candie [83] pour le Turc [84] contre les Vénitiens. [27] Le Turc ayant su cela, a fait arrêter tous les marchands anglais que l’on a pu trouver en ses terres et a fait tuer l’ambassadeur d’Angleterre qui était à Constantinople. [85] Le croyez-vous ? Il n’est peut-être point vrai, mais c’est l’agent du landgrave de Hesse-Cassel [86] qui me le vient de dire. [28] Nouvelles sont aujourd’hui arrivées que le roi est revenu à Soissons et que notre siège de Landrecies va fort bien, avec espérance que nous l’aurons dans 15 jours. Le prince de Condé avait fait mine de vouloir assiéger Saint-Quentin ou de venir à Corbie, mais on dit qu’il ne fera pas de siège, qu’il se contentera d’apporter de l’incommodité tant qu’il pourra à notre armée qui est devant Landrecies ; qu’il a trop de cavalerie pour assiéger et trop peu d’infanterie. Le roi de Suède [87] se devrait embarquer le 17e de juillet avec son armée pour venir en Poméranie [88] où se devrait rencontrer un ambassadeur du roi de Pologne [89] qui doit traiter des différends de son maître avec lui et si faire se peut, accorder de tout ; [29] et ainsi terminer la guerre pour le roi de Pologne en ce côté-là, qui en a une autre assez grande avec le Moscovite. [90][91][92]

Le 6e de juillet. Le courrier qui arriva hier de Toulouse [93] raconte un fait bien étrange qui est tout fraîchement arrivé en leur ville, de deux cordeliers [94] qui ont attrapé dans leur église une belle fille nubile qu’ils ont emmenée dans leur couvent, etc., qu’ils ont par après tuée et enterrée dans leur église en cachette. Cela a été découvert, le premier courrier qui viendra nous en dira davantage. Voilà qui apprendra aux filles à ne plus aller aux cordeliers. Maudite invention de célibat, que tu as causé de maux et de désordres au monde, sans ceux que tu feras ! [95][96]

Les nouvelles lettres de Hollande portent qu’il y a bien de la peste [97] par toutes les villes de Hollande et que dix personnes qui composaient une famille entière dans Leyde [98] y sont tous morts en une même maison.

Une lettre fraîchement arrivée de Dantzig [30][99] porte que le roi de Pologne se voyant persécuté en son royaume, a délibéré de renoncer à la royauté et de la remettre entre les mains des États du royaume afin qu’ils en élisent un autre qui résiste à tant d’ennemis, tels que sont le Moscovite, le roi de Suède, le Tartare précopite, [100] le Grand Turc, etc. ; et puis après, que lui et sa femme la princesse Marie [101] reviendront en France pour achever leurs jours à Paris. Qu’en croyez-vous ? j’ai de la peine à le croire. Pour le conte des deux cordeliers de ci-dessus, on dit qu’il est inventé à plaisir afin de rendre les moines odieux, qui le sont déjà assez, et non sans raison. L’on dit qu’il y a une pareille histoire dans l’Apologie pour Hérodote [102] de Henri Estienne. [31][103]

J’ai enfin achevé ma lecture publique de Cambrai[104][105] au grand regret de mes écoliers. Je leur ai promis, pour les consoler, de recommencer l’hiver prochain, mais ce ne sera qu’après la Saint-Martin. Je me reposerai un petit < peu > en attendant et me préparerai pour d’autres leçons, soit en continuant Animadversiones in Encheiridium anat. et pathol. Io. Riolani[32][106] sur quoi il y a de fort belles choses à dire, soit en prenant un autre sujet comme quelque livre de Galien [107] à commenter, ou quelque traité tout simple comme de medicamentis tam alterantibus quam purgantibus, tam simplicibus quam compositis[33][108] J’aurais néanmoins quelque dessein sur le livre de Galien de compos. med. κατα τοπους : [34] il y a de belles choses là-dedans sur lesquelles Cornarius [109] n’a rien dit en son commentaire. [35][110]

L’antimoine ne dit plus ici mot. On ne parle point d’en donner et comme personne n’en donne, personne n’en meurt, sic peribit eius memoria cum sonitu[36][111] Guénault et les autres qui s’étaient intéressés dans l’Alethophanes et qui ont fait jeter des excommunications et des réaggraves [112] pour en découvrir quelque chose de l’auteur, n’y ont rien gagné ; les sonneurs y ont autrefois profité davantage car il en a bien fait enterrer. [37] Il y a grande apparence que c’est un brutum fulmen [38] que ces monitoires [113] et que personne n’en est excommunié, vu que de tous, tant que nous sommes, il n’y en a pas un qui ne blanchisse ou ne grisonne ; et néanmoins l’on dit que quand un homme est excommunié, il devient plus noir que poivre. On dit que le Gazetier [114] ne répond point à M. Perreau. [2] Un autre, nommé de Mersenne, [115] avait fait espérer qu’il écrirait pour l’antimoine. Et après avoir reçu beaucoup de mémoires de plusieurs de cette cabale pour tâcher de se défendre et de justifier leur poison, il a enfin retiré son épingle du jeu et a rendu tous ses mémoires à Saint-Jacques [116] qui est celui qui est cause de tout le désordre ; car c’est lui qui a fourré, inconsulta Facultate[39] dans le Codex medicamentarius [117][118] son vinum emeticum, d’où est venu tout le bruit ; [119] et qui pour défendre ce forfait, a falsifié les registres de la Faculté l’an 1637, et la fausseté est toute notoire, outre qu’elle est attestée par les experts à qui elle a été montrée ; et qu’il a été publiquement appelé faussaire dans les deux livres de MM. Merlet [120] et Perreau, et dans le latin que M. Blondel [121] a mis à tous les deux, [40] sans qu’il se soit mis en peine de se purger de ce crime. On dit aussi que c’est lui qui a dit autrefois qu’il viendrait des verges de dehors qui nous sangleraient bien, ce que l’on interprète du livre de Courtaud [122] où il y a tant d’injures ; et y a grande apparence que c’est lui, Guénault, le Gazetier et tels autres qui y ont fourré tant de fleurs de rhétorique médisante. Des Gorris [123] en est aussi soupçonné, et le crois aisément, et M. Guillemeau aussi qui m’a dit ce matin qu’il a envoyé à M. Guillemin [124] douze exemplaires de son dernier livre afin qu’il en eût pour donner à Messieurs ses collègues, mandez-moi si vous en avez eu. [41]

Je ne vois plus le jeune Sanche [125] de deçà, je pense qu’il est retourné à Montpellier. [126] Ces chaires sont-elles disputées ? y a-t-il quelqu’un qui en soit pourvu ? M. Courtaud fait-il quelque chose de nouveau, aurons-nous la vie de son oncle M. Héroard ? [127] j’ai bien envie de voir cela. Quand sera achevé le Sennertus de M. Ravaud ? Aurai-je bientôt par son moyen le Matthiæ Martinii Lexicum etymologicum sacrum ? [128] Je l’espère dans peu de temps par son moyen comme il me l’a fait espérer, je vous prie, ni tibi grave fuerit[42] de lui en toucher un petit mot et de me mander ce qu’il vous en aura répondu par votre première afin que, si je ne le puis avoir bientôt par cette voie, j’en fasse venir par quelque autre. Je me recommande à vos bonnes grâces et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce 13e de juillet 1655.

L’on dit qu’un amiral anglais nommé Penn, [129] avec 60 vaisseaux et 15 000 Anglais dedans, a passé la ligne et s’en va aux Indes Occidentales [130] y prendre Mexico et autres fortes places, à dessein de chasser les Espagnols de toute l’Amérique ; [43][131] et que l’ambassadeur d’Espagne s’est retiré de Londres à Bruxelles, [132] fort malcontent de Cromwell ; [44] et que 20 autres vaisseaux anglais viennent à Nice [133] pour obliger la duchesse de Savoie de leur faire raison du massacre qu’elle a fait faire de tant de pauvres innocents dans la vallée d’Angrogne. [45][134] Je vous supplie d’avoir soin de celle que trouverez ici même pour M. Huguetan l’avocat.

Il est mort dans le Châtelet ce matin un insigne voleur nommé Beaujobil, [135] des blessures qu’il reçut lorsqu’il fut arrêté il n’y a que cinq jours.

On dit que c’est aujourd’hui, 13e de juillet, que ceux qui sont dans Landrecies ont promis de se rendre s’ils ne sont secourus, nous en aurons demain des nouvelles. Vale et me ama[46]

On dit que dès que Landrecies sera prise, le roi reviendra à Paris puis ira à Fontainebleau [136] y passer son temps, tandis que le Mazarin ira à Bourbon [137] prendre des eaux pour sa néphrétique. [138]

Il faut que je vous fasse rire et pitié tout ensemble : les pauvres antimoniaux [139] ne savent où ils en sont, ils cherchent un homme qui écrive pour leur parti ; Tardy [140] leur demande 200 pistoles, et la moitié d’avance, pour faire un livre sur leurs mémoires ; sachant bien qu’il est fou, ils n’osent s’y fier et en cherchent quelque autre. Jugez de quelle capacité est toute cette troupe stibiale, qu’ils n’y peuvent trouver un homme qui défende leur parti. Voilà où en est réduite l’iniquité, la forfanterie et le mensonge.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 juillet 1655

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(Consulté le 18.08.2019)