À Charles Spon, les 16 et 26 février 1657
Note [10]

En arrivant à Paris, le nonce Celio Piccolomini (v. note [21], lettre 453) apportait une massue pour assommer les jansénistes ; Louis xiv le reçut au Louvre le 5 février. L’Assemblée du Clergé de l’été 1656, à l’exception de trois évêques, avait approuvé la bulle Cum occasione d’Innocent x (v. note [16], lettre 321) contre les jansénistes. Le 2 septembre suivant, l’Assemblée avait déclaré impossible de séparer le point de fait du point de droit et demandé à Alexandre vii, élu le 7 avril 1656, son opinion concernant les thèses jansénistes.

Dès le 16 octobre, Alexandre vii avait signé la bulle Ad sacram affirmant que les Cinq Propositions (v. note [16], lettre 321) se trouvent bien dans l’Augustinus et sont condamnées au sens où Jansenius les avait entendues. Pour des raisons obscures, Piccolomini ne présenta cette bulle au roi que le 2 mars 1657.

Quinze jours plus tard, pour en finir, pensait-elle, avec toutes les résistances, l’Assemblée du Clergé décida d’imposer à toutes les personnes ecclésiastiques, religieux et religieuses, aussi bien que prêtres pourvus de bénéfices, la signature d’un Formulaire qu’elle avait arrêté dès septembre 1656 :

« Je reconnais que je suis obligé, en conscience, d’obéir à ces constitutions, {a} et je condamne de cœur et de bouche les doctrines des Cinq Propositions de Cornelius Janssen, soutenues dans son livre l’Augustinus, que le pape et les évêques ont condamnées. »


  1. Les bulles pontificales (Cum occasione et Ad sacram) condamnant les Cinq Propositions.

Le Parlement, pénétré pour longtemps d’influences jansénistes, manifesta quelque esprit d’opposition. Il fallut un lit de justice, tenu le 29 novembre, pour en venir à bout. En revanche, dès la publication de la bulle, Port-Royal mesura l’étendue de sa défaite. Après sa 18e lettre provinciale, Pascal mit fin à son combat, que d’ailleurs la Mère Angélique et bien d’autres estimaient peu conforme à la charité chrétienne (R. et S. Pillorget).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, les 16 et 26 février 1657. Note 10

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(Consulté le 19.10.2019)

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