À Charles Spon, le 14 juillet 1662
Note [9]

« on écarte la sagesse du bien commun, on mène les affaires par la force » (Ennius, v. note [12], lettre 198).

Guy Patin évoquait la polémique du Formulaire : le 13 avril 1661, un arrêt du Conseil d’État avait ratifié la décision, prise le 1er février précédent par l’Assemblée du Clergé, que tout ecclésiastique et tout maître d’école devraient signer le Formulaire du 17 mars 1657 condamnant les Cinq Propositions attribuées à Jansenius (v. note [10], lettre 463). C’était un moment critique pour Port-Royal car après la fermeture des Petites Écoles, il était interdit au monastère de recruter de nouvelles religieuses (v. note [3], lettre 700). Guillaume Desprez (v. note [3], lettre 485) jouait fidèlement son rôle en imprimant et diffusant les écrits favorables à Port-Royal. Dreux d’Aubray, le lieutenant civil qui avait été l’instrument de l’expulsion des élèves, avait perquisitionné la boutique de Desprez et y avait découvert deux nouveaux écrits hostiles au Formulaire : Nullités et abus du troisième mandement… et Nullités et injustices de l’interdiction portée par le troisième mandement… Ayant averti le chancelier Séguier le 15 juillet 1662, il avait embastillé Desprez en vertu d’un ordre contresigné par Michel Le Tellier. Le libraire fut libéré le 20 juin 1663 (Dictionnaire de Port-Royal, pages 332‑334).

Nicolas Pavillon (1597-1677) avait été nommé en 1639 évêque d’Alet, petite ville de l’Aude, au pied des Pyrénées, l’un des plus pauvres diocèses du royaume. L’affaire du Formulaire heurta sa conscience et le détermina à prendre le parti de Port-Royal (ibid., pages 796‑799). Il publiait en 1662 une Lettre de monseigneur l’évêque d’Alet à Monsieur le curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, touchant la signature du Formulaire. Où il rend raison de trois lettres qu’il avait écrites au roi, à l’Assemblée du Clergé, et à monseigneur l’évêque de Châlons sur le même sujet (in‑4o de 8 pages). V. notes [4], lettre 945, pour les réticences de Pavillon à signer le Formulaire en 1667-1668, et [29] des Affaires de l’Université en 1651‑1652, dans les Commentaires de Guy Patin sur son décanat, pour Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 14 juillet 1662. Note 9

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(Consulté le 07.08.2020)

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