À Claude II Belin, le 7 novembre 1659
Note [11]

« parmi ses poèmes » :

In obitum Erasmi epitaphium
Iulii Cæsaris Scaligeri

Tu ne etiam Moréris ? ah ! quid me linquis Erasme,
Ante meus quam sit conciliatus amor ?
Tu ne etiam ? cui iam parvus fuit orbis, ut alta
Expleres mentis flumina torva tuæ.
Ergo sidereis postquam est subvecta quadrigis,
Atque Dei læto lingua recepta sinu :
Ille ego, qui insanæ ridebam vulnera mortis,
Conditáque Ætnæa tela trisulca manu,
Ad quodvis stupeo momentum, ac territus asto :
Maxima cum videam numina posse mori
.

[Épitaphe de Jules-César Scaliger
sur la mort d’Érasme

Es-tu mort aussi, Érasme ? Ah ! pourquoi m’abandonnes-tu avant de t’être acquis mon affection ? Toi pour qui la terre fut enfin trop petite pour remplir les fleuves profonds et impétueux de ton esprit. Après que la langue de Dieu a été transportée par les quadriges étoilés, la voilà donc reçue dans un sein joyeux. Et voici que moi, qui me riais des coups de la folle mort et de la main qui réunit la triple foudre de l’Etna, je demeure stupide à tout moment et me tiens effrayé quand je vois que les grandes divinités peuvent mourir].

Guy Patin donnait ici la référence de cette épitaphe dans les Iulii Cæsaris Scaligeri Heroes [Héros de Jules-César Scaliger] (Lyon, S. Gryphe, 1539, in‑4o) ; elle se lit aussi à la fin de la Vita Des. Erasmi Rot. [Vie de Désiré Érasme de Rotterdam] qu’on trouve au début de la Stultitiæ Laus… [L’Éloge de la folie] éditée en 1676, par Robert Patin (v. note [32], lettre 146).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 7 novembre 1659. Note 11

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(Consulté le 21.09.2021)

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