Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : xi
Note [14]

Niccolo Leoniceno (Nicolas Léonicène) a surtout parlé de la thériaque aux fos 11‑14 de son De Plinii et aliorum medicorum erroribus liber [Livre sur les erreurs de Pline et d’autres médecins] (Ferrare, 1509, v. note [28], lettre latine 75), s’interrogeant sur sa composition exacte et sur les serpents contre lesquels elle protège, et faisant bien comprendre qu’on ne peut plus être certain que la thériaque moderne, adultérée par les Arabes, a les mêmes vertus que celle de l’Antiquité.

Santes de Ardoynis (Sante Arduino), médecin vénitien du xve s., est l’auteur d’un Liber de venenis [Livre sur les poisons], divisé en sept traités, qui a été publié pour la première fois à Venise en 1492 (Gallica) ; il a été réédité (Bâle, sans nom, 1562, in‑6o) sous le titre complet de :

Santis Ardoyni Pisaurensis Medici et Philosophi præstatissimi Opus de venenis. A multis hactenus desideratum, et nunc tandem castigatissime editum. In quo naturalis primum historia venenatorum omnium, sive natura sive arte constent, fidelissime proponitur (quam partem Theriacam Græci vocant) et quibus signis venena non in genere tantum, sed etiam in specie cognosci ac dijudicari debeant, ostenditur. Deinde vero Alexipharmacia, hoc est, ratio tum præcavendi venena, tum curandi, elegans, copiosa, secura, planeque methodica, et post omnes alios, qui in consimili argumento versati sunt, perfectissima et absolutissima traditur. Cum præfatione luculenta, in qua Methodus venenorum cognoscendorum atque curandorum, summa arte, brevitate et facilitate docetur. Adiunximus eiusdem generis commentarium doctissimum, Ferdinandi Ponzetti Cardinalis. Indicem præterea rerum atque verborum, copisissimum.

[Ouvrage sur les poisons de Santes de Ardoynis, natif de Pesaro {Marches italiennes}, très éminent médecin et philosophe. Beaucoup l’ont désiré jusqu’à ce jour, le voici enfin réédité et entièrement corrigé. D’abord y est très fidèlement présentée l’histoire naturelle de tous les empoisonnements, qu’ils surviennent naturellement ou par artifice (c’est la partie que les Grecs appellent Theriaca), et où il est montré sur quels signes les poisons, tant en général qu’en particulier, doivent être reconnus et distingués les uns des autres. Ensuite est relatée l’Alexipharmacie, c’est-à-dire la façon tant de se prémunir contre les empoisonnements que de les traiter, selon un système élégant, riche, sûr, et tout à fait méthodique, mais aussi bien plus soigné et complet que ce que tous les autres ont précédemment proposé sur le même sujet. Avec une brillante préface {de Theodor Zwinger, v. note [34], lettre 297} qui enseigne, avec très grand talent, brièveté et simplicité, la méthode pour diagnostiquer et soigner les empoisonnements. Nous y avons joint le très savant commentaire, de même qualité, du cardinal Ferdinando Ponzetti {1444-1527, médecin du pape Innocent viii} et un très riche index des matières et des mots].

La thériaque, sous toutes ses formes, occupe presque une page entière de l’index : son efficacité contre les poisons et les venins de serpent est amplement reconnue et détaillée, pourvu qu’elle soit prescrite avec discernement et selon les règles de l’art.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : xi. Note 14

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8164&cln=14

(Consulté le 15.09.2019)

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