À Claude II Belin, le 6 février 1634
Note [19]

Guillaume de Baillou (Ballonius, Paris vers 1538-ibid. 1616) était le fils d’un architecte originaire de Nogent-le-Rotrou. Après de très solides études littéraires qui lui donnèrent une parfaite maîtrise du grec et du latin, et d’excellentes connaissances en philosophie (qu’il enseigna même avec beaucoup d’éclat dans le Collège de Montaigu), Baillou étudia la médecine : docteur régent de la Faculté de Paris en 1570, il en devint doyen pour deux ans en novembre 1580. Il dut une grande réputation à son talent dans les discussions de l’École, au point d’acquérir le surnom de Fléau des bacheliers, et plus encore à la mise en pratique des enseignements hippocratiques qu’il reçut de ses maîtres, Jacques Houllier, Jean Fernel et Louis Duret. Tout ce que Baillou a écrit n’a été publié qu’après sa mort. De son mariage avec la fille de Gervais Honoré, apothicaire de Paris, étaient nés quatre enfants, deux fils et deux filles. Son aîné exerça une charge d’inspecteur dans les troupes, et le cadet se fit moine capucin. Deux docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris, Jacques Thévart (v. note [23], lettre 146) et Simon Le Lettier, ses petits-neveux, par sa femme et par son frère, se chargèrent de publier les œuvres de Baillou après sa mort.

Guy Patin a volontiers vanté ses ouvrages, et au premier rang ses Gulielmi Ballonii Medici Parisiensis celeberrimi, Consiliorum medicinalium libri ii, a Iacobo Thevart, Facultatis Medicæ Paris. Doctore, authoris pronepote, scholiis nonnullis illustrati, digesti ac in lucem primum editi. Tomus primus, in quo pleraque continentur quæ et ad morborum cognitionem, eorumdemque curationem propositis exemplis, et obscurorum Hippocratis locorum intelligentiam pertinebunt. Inter cetera elegantissimum et utilissimum est de Calculo opusculum. Adiecta est authoris vita, cum indicibus necessariis [Deux livres de Consultations médicales de Guillaume de Baillou, très célèbre médecin de Paris, par Jacques Thévart, docteur de la Faculté de médecine de Paris, petit-neveu de l’auteur, enrichis de quelques annotations, rangés en bon ordre et publiés pour la première fois. Tome premier, qui contient bien des choses ayant trait tant à la connaissance qu’au traitement des maladies, en s’aidant d’exemples, et à la compréhension des passages les plus obscurs d’Hippocrate. Il s’y trouve entre autres un opuscule très utile sur le calcul. Avec la vie de l’auteur, ainsi que d’utiles index] (Paris, Jacques Quesnel, 1635, in‑4o ; Medic@).

Ce premier tome contient 119 conseils (ou consultations). On lit page 21 ce poème de Guy Patin :

In doctissima Consilia
medica clarissimi viri D.D.
Gul. de Baillou,
Doctoris Medici Parisiensis

olim Decani, et antiquioris
Scholæ Magistri,
Hexastichum

Se urgeri fatis cernens Ballonius, atque
Abrumpit vitæ stamina grata suæ :
Nil facitis, Parcæ, nec enim minus ipse saluti
Humanæ, scriptis auxiliabor, ait :
O res mira ! aliis nam sic dum consulit, ipse
Producit vitæ stamina grata suæ.
Guido Patinus, Bellovacus,
Doctor Medicus Parisiensis.

[Sixain sur les très doctes Consultations médicales du très brillant Me Guillaume de Baillou, docteur en médecine de Paris, jadis doyen, et plus ancien maître de l’École

En décidant de se consacrer tout entier aux malheurs d’autrui, Baillou a rompu les précieux fils de sa propre vie. Parques, vous ne faites rien, c’est que lui-même n’a pas peu dit : pour le salut des hommes, je guérirai par mes écrits. Ô chose admirable ! tandis qu’il pense ainsi aux autres, lui-même prolonge les précieux fils de sa propre vie.
Guy Patin, natif de Beauvaisis, médecin de Paris].

V. notes [8], lettre 24, pour le deuxième tome (51 conseils), et [47], lettre 152, pour le troisième et dernier tome (123 conseils) des Consiliorum medicinalium.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 6 février 1634. Note 19

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(Consulté le 18.10.2019)

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