À Claude II Belin, le 5 juillet 1651
Note [19]

Ioannis Miltoni Angli pro populo Anglicano defensio, contra Claudii Anonymi, alias Salmasiii, Defensionem regiam [Défense de John Milton, Anglais, pour le peuple anglais, contre la Défense royale de Claude l’anonyme, alias Saumaise] (Londres, Du Gardian, 1651, in‑18). Charles ii, proscrit en Angleterre avait demandé à Saumaise une apologie de son père, Charles ier, décapité en 1649.

Saumaise publia sa Defensio regia (v. note [1], lettre 219), qu’il traduisit aussitôt lui-même en français (Apologie royale… v. notes [4] et [5], lettre 224). Elle commençait par ces mots :

« L’horrible nouvelle du parricide commis depuis peu en Angleterre vient de blesser nos oreilles, et encore plus nos cœurs ».

Milton entama sa réponse par ceux-ci :

« Il faut que cette nouvelle ait eu une épée plus longue que celle de saint Pierre qui coupa l’oreille à Malchus, {a} ou que les oreilles des Hollandais soient plus longues ; car une telle nouvelle ne pouvait blesser que des oreilles d’âne. »


  1. Serviteur de Caïphe qui vint arrêter Jésus au jardin des oliviers.

La Defensio de Milton, traduite dans toutes les langues de l’Europe, fit grand bruit et fut même brûlée par le Châtelet de Paris à l’instigation des prêtres. Saumaise se tut d’abord, mais il avait laissé dans ses papiers une réplique qui fut imprimée après sa mort, au moment même où la question venait d’être jugée par la restauration de Charles ii, en 1660 (Michaud et G.D.U. xixe s.).

John Milton (1608-1674), poète, homme d’État et théologien anglais, immortalisé par son Paradis perdu (Paradise lost, a poem in ten books, 1667), a été le polémiste attitré de la révolution du Parlement contre la Couronne et devint secrétaire d’État de Cromwell aux affaires étrangères.

Pour justifier l’exécution de Charles ier, il avait déjà publié The Tenure of kings and magistrates, proving that it is lawful and has been held so through all ages, for any, who have the power, to call to account a tyrant or wicked king and, after due conviction, to depose and put him to death, if the ordinary magistrate have neglected or denied to do it, and that they, who of late so much blame deposing, are the men that did it themselves [La Tenure des rois et des magistrats, prouvant qu’il est licite, et l’a été de tout temps, pour quiconque détient le pouvoir de demander des comptes à un tyran ou à un mauvais roi et après condamnation en bonne et due forme, de le destituer et mettre à mort si les magistrats ordinaires ont négligé ou refusé de le faire, et que ceux qui ont récemment blâmé la destitution sont ceux-là mêmes qui l’ont provoquée] (Londres, M. Simmons, 1649, in‑4o).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 5 juillet 1651. Note 19

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0264&cln=19

(Consulté le 11.05.2021)

Licence Creative Commons