À Charles Spon, le 29 juillet 1653
Note [19]

« voyez à quoi l’ardeur de la nouveauté entraîne les hommes, même savants. » Dans ses Vasa lymphatica (33e et dernière page de l’édition parisienne de 1653) Bartholin donne en effet une ironique et lapidaire épitaphe du foie en conclusion de sa démonstration que, contrairement à ce qu’on tirait alors des enseignements antiques, la fabrication du sang (sanguification, v. note [1], lettre 404) ne s’y faisait pas :

siste. viator.
clavditvr. hoc. tvmvlo. qvi.
tvmvlavit. plvrimos.
princeps. corporis. tvi. cocvs.
et. arbiter.
hepar. notvm. secvlis.
sed.
ignotvm. natvræ.
qvod.
nominis. maiestatem. et. dignitatis.
fama. firmavit.
opinione. conservavit.
tamdiv. coxit.
donec. cvm. crvento. imperio.
seipsvm. decoxerit.
abi. sine. iecore. viator.
bilemqve. hepati. concede.
vt. sine. bile. bene.
tibi. coqvas. illi. preceris.

[Arrête-toi, voyageur, devant ce tombeau qui en a tant ensevelis. Premier cuisinier et arbitre de ton corps, le foie y est enfermé. Connu par des générations d’hommes, mais inconnu de la Nature, qui a affermi dans l’opinion la majesté d’un nom et l’a conservée dans une réputation de dignité, il a cuit si longtemps avec un pouvoir sanguinaire qu’enfin il s’est réduit lui-même. Éloigne-toi sans foie, voyageur, et cède la bile au foie pour bien te cuire sans bile et prier pour lui].

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 29 juillet 1653. Note 19

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0322&cln=19

(Consulté le 25.05.2020)

Licence Creative Commons