À Charles Spon, le 18 janvier 1658
Note [2]

Le prince de Marcillac (v. note [7], lettre 219) était alors François vii de La Rochefoucauld (Paris 1634-ibid. 1714), fils aîné de François vi ; il devint duc de La Rochefoucauld à la mort de son père, en 1680. Ayant suivi de bonne heure la carrière des armes, il fit la campagne de 1667 en Flandre et fut blessé au passage du Rhin, en 1672. Il était en haute estime auprès de Louis xiv qui le nomma grand veneur de France, grand-maître de la garde-robe et chevalier de ses ordres, et lui donna le gouvernement du Berry (G.D.U. xixe s.).

Saint-Simon (Mémoires, tome iii, pages 453‑454) :

« Tous les troubles {a} finis, le cardinal Mazarin maître, le roi marié {b} et ne bougeant de chez la comtesse de Soissons {c} avec l’élite de la cour, de l’esprit, de la galanterie, du bon goût, des intrigues, parut le prince de Marcillac avec une figure commune qui ne promettait rien et qui ne trompait pas. Sans charge, sans emploi, […] fils d’un père {d} à qui le roi n’avait jamais pardonné et qui, sans approcher de la cour, faisait à Paris les délices de l’esprit et de la compagnie la plus choisie, ce fils ne fit peur à personne de ce qui environnait le roi. Je ne sais comment cela arriva, et personne ne l’a pu comprendre à ce que j’ai ouï dire à M. de Lauzun, qui pointait fort dès lors, et aux vieillards de son temps ; mais en fort peu de jours, il plut tellement au roi, dont, au milieu d’une cour en hommes et en femmes si brillante, si polie, si spirituelle, le goût n’était pas fin ni délicat, qu’il lui donna des préférences qui inquiétèrent Vardes, le comte de Guiche et les plus avant dans la privance du roi. Cette affection alla toujours croissant, jusque-là que le père, {d} de concert avec son fils, se roidit à ne se point démettre de son duché pour en tirer par cette adresse le rang de prince étranger, qu’il ne se consolait point d’avoir vu arracher aux Bouillon avec cet immense échange, {e} et tirer ces grands établissements des mêmes crimes qui lui étaient communs avec eux parce qu’ils avaient plus effrayé que lui. Cet artifice néanmoins échoua et ne les mena qu’à l’inutile distinction d’être traités de cousins ; mais le fils tira de sa faveur la charge de grand-maître de la garde-robe […] et de grand veneur. »


  1. De la Fronde.

  2. 1659.

  3. Olympe Mancini.

  4. François vi.

  5. Celui de Sedan en 1641.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 18 janvier 1658. Note 2

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(Consulté le 26.10.2020)

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