À Charles Spon, le 22 février 1656
Note [25]

« Charles [Charles x Gustave, roi de Suède, père de Christine] ravage de ses armées les plaines sarmates [Ukraine, v. note [7], lettre latine 83] jusqu’au pays des Gètes [rives du Danube] ; il ébranle les royaumes par le pacte qu’il a rompu, au point que la piété et la foi ancestrale [catholique] sont bannies de ces contrées ; et tandis que le monde gémit pour la religion opprimée, Christine en personne, qui a rendu les armes à un autre tyran farouche, s’en est allée triomphante et pleine de vénération vers le palais de Pierre [le Vatican]. Et désormais, Rome ! tu admires les triomphes impies et en bon pasteur, tu te réjouis de la brebis que tu viens de trouver. Et Rome ! tu exultes de ces trop vains triomphes où tu gagnes une brebis, mais en perdant le troupeau. »

Les Mémoires concernant Christine de Suède… (1751, tome premier, page 516) citent cette épigramme et y ajoutent ces quelques vers bien plus crus :

« Si le grand Gustave eût vécu,
Il se serait fait lécher le cul
Par ce maroufle. {a}
Étrange révolution !
Sa fille, par dévotion,
Lui baise la pantoufle. »


  1. Le pape Alexandre vii.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 février 1656. Note 25

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(Consulté le 14.04.2021)

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