À Charles Spon, le 21 avril 1655
Note [26]

Guy Patin faisait sans doute expédier à Charles Spon l’Apologia approbatorum stibii seu Carmen elegiacum. Α′μοιβαμον. In quo veterum et recentium Medicorum authoritatibus, Ratione et Experientia probatur Stibium non esse venenum. Authore M. Iacobo Thevart, Doctore Medico Parisiensis, et R.M. [Apologie des approbateurs de l’antimoine, ou chant élégiaque en forme de dialogue. Où l’autorité des médecins anciens et modernes, la raison et l’expérience démontrent que l’antimoine n’est pas un poison. Par M. Jacques Thévart, docteur en médecine de Paris, et médecin du roi] (Paris, Jacques Langlois, 1655, in‑8o). La querelle stibiale y était en effet comparée à celle des jansénistes et des jésuites sur la grâce, comme en atteste, page 18, ce poème latin :

Stimmi-machismi  {a} Prorrheticum

Bellarunt qui summa Dei mysteria tractant ;
Gratia dissidi fons, et origo fuit.
Nunc sæva in Medico peraguntur bella senatu ;
Stimmi prætextus causa latens-ve subest.
Illis, Pax vobis, Petri Successor ab alto
Dixit, et hæc sacris regnat ubique locis.
Non sic tranquilla composti pace quiescent,
Præstantes Medica quilibet arte viri.
Hos inter bellum magis est durabile, nempe his
Dicere, Pax vobis,
 {b} nullus in orbe potest.

[Le Pronostic du combat antimonial

Ceux qui s’occupent des grands mystères de Dieu en ont fait la guerre ; la grâce a été la source et l’origine du différend. Maintenant des combats furieux sont menés sans répit dans le Collège médical ; l’antimoine en est le prétexte ou la cause sous-jacente. Aux premiers, du haut de son trône, le successeur de Pierre a dit paix à vous, {c} et elle règne partout dans les églises. Tous les hommes qui se distinguent en l’art médical ne sont pas apaisés d’avoir été réconciliés par une paix calme. Entre eux la guerre est sans fin et, de fait, nul au monde ne peut leur dire paix à vous].


  1. Id est, Pugnæ Antimonialis Prædictio [C’est-à-dire : “ Le Pronostic du combat antimonial ”] (note de Thévart).

  2. Sola hæc Ars Imperatoribus Imperat. Plinius [Cet art seul (la médecine) commade aux conquérants. Pline] : Paremus externis, et una artium imperatoribus quoque imperaverunt [Nous obéissons aux étrangers ; et, à l’aide d’un seul art, ils commandent à leurs conquérants] (Histoire naturelle, livre xxiv, chapitre i ; Littré Pli, volume 2, page 164).

  3. Le successeur de Pierre était le pape Innocent x qui avait vainement tenté d’apaiser la querelle de la grâce.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 21 avril 1655. Note 26

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(Consulté le 28.03.2020)

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