À Charles Spon, le 28 janvier 1653
Note [28]

Habes “ Sardos venales, alium alio nequiorem ” [Tu as « des Sardes à vendre, les uns plus vauriens que les autres »] (Cicéron, Lettres familières, livre vii, lettre 24).

Sardi venales [Sardes à vendre !] est un adage qu’Érasme a commenté (no 505) avec plusieurs explications tirées des auteurs antiques, dont la plus plausible vient du De Viris illustribus [Les Hommes illustres] (§ 57, 2) attribué à Aurelius Victor (v. note [20], lettre 104) :

« Tiberius Sempronius Gracchus, issu d’une illustre famille, ne souffrit pas que Scipion l’Asiatique, son ennemi personnel, fût conduit en prison. Étant préteur, il assujettit la Gaule. Consul pour la première fois, il soumit l’Espagne ; il signala son deuxième consulat par la prise de la Sardaigne. Cette dernière conquête lui procura un si grand nombre de prisonniers que la vente, qui en dura fort longtemps, donna naissance à ce cri populaire lorsqu’on vendait des choses communes et de peu de valeur : Sardi venales. »

Pour Pompeius Festus (La Signification des mots (v. note [13], lettre 460) livre xvii], Sardi venales alius alio nequior [Sardes à vendre, l’un plus vaurien que l’autre] est un proverbe semblant

« venu de ce que, dans les jeux capitolins, célébrés par les campagnards revêtus de la robe prétexte, on fait d’habitude une vente à l’encan de Véiens, {a} dans laquelle le crieur public amène pour le mettre en vente le dernier (et c’est aussi le plus pitoyable), un vieillard revêtu de la robe prétexte et portant une bulle d’or. C’étaient là les ornements habituels des rois des Étrusques, que l’on appelait Sardi {b} parce que la nation étrusque est originaire de Sardes en Lydie. {c} Car Tyrrhenus, parti de cette ville avec un grand nombre de ses habitants, s’établit dans cette partie de l’Italie qui porte aujourd’hui le nom d’Étrurie. Mais Sinnius Capiton dit que le consul Tib. Gracchus, collègue de P. Valerius Falto, soumit la Sardaigne et la Corse, et que de tout le butin l’on ne prit que les captifs, dont il y eut une multitude de très peu de valeur. »


  1. Étrusques.

  2. Sardiens.

  3. En Asie Mineure.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 28 janvier 1653. Note 28

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(Consulté le 28.01.2021)

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