À Charles Spon, le 5 décembre 1653
Note [3]

Quelques paragraphes plus bas, Guy Patin intitulait ce libelle antistibial anonyme la Légende : v. infra note [11], pour son titre complet et la description de son contenu.

Ce pamphlet attaquait un à un, avec virulence et dédain, les 61 signataires (ou signeurs) d’un manifeste intitulé Le Sentiment des docteurs régents en médecine de la Faculté de Paris touchant l’antimoine. Il figure en tête de L’Antimoine justifié… d’Eusèbe Renaudot (Paris, 1653, privilège daté du 8 avril 1653, v. note [21], lettre 312), juste après l’épître dédicatoire à François Guénault, à la fin de l’Avis au lecteur :

« Nous soussignés docteurs en médecine de la Faculté de Paris certifions à tous qu’il appartiendra que les qualités de l’antimoine ayant été, par un long usage et une expérience continuelle, reconnues de nous être grandement convenables à la guérison de quantité de maladies, nous déclarons que ce remède, bien loin d’être chargé d’aucune malignité vénéneuse, a plusieurs rares vertus qu’un médecin peut employer à combattre heureusement grand nombre de ces maladies, moyennant qu’il le fasse avec beaucoup de prudence et de discrétion ; {a} En foi de quoi nous avons voulu signer cet écrit. Fait à Paris le 26e mars 1652. »

[1]  R. Chartier,
[2]  J. Des Gorris,
[3]  Hénault,
[4]  F. Guénault,
[5]  Le Pois,
[6]  J. Bourgeois,
[7]  de Vailli,
[8]  de Beaurains,
[9]  de Bourges,
[10] Pijart,
[11] Quiquebœuf,
[12] Du Clédat,
[13] Béda des Fougerais,
[14] de Saint-Jacques,
[15] Jouvin,
[16] U. Bodineau,
[17] J. Thévart,
[18] C. Hubault,
[19] Rainssant,
[20] Vacherot,
[21] J. Regnault,
[22] Dupré,
[23] L. de Frades,
[24] J. Chartier,
[25] Legier,
[26] Le Vignon,
[27] Denyau,
[28] Le Mercier,
[29] Richard,
[30] Le Tourneurs,
[31] Akakia,

[32] Marès,
[33] J. Gavois,
[34] D. Joncquet,
[35] F. Langlois,
[36] Pajot,
[37] Le Breton,
[38] Le Gagneur,
[39] J. Cousin,
[40] G. Petit,
[41] Moriau,
[42] J. Garbe,
[43] Guyet,
[44] de Mersenne,
[45] Du Pont,
[46] Tardy,
[47] Maurin,
[48] J. Hamon,
[49] Morand,
[50] I. Renaudot,
[51] E. Renaudot,
[52] Bachot,
[53] Dieuxivoye,
[54] Mauvillain,
[55] de Bourges,
[56] Hureau,
[57] M. Langlois,
[58] Lopès,
[59] Arbinet,
[60] de Sarte,
[61] F. Landrieu. {b}


  1. Discernement.

  2. L’orthographe des noms a été adaptée à celle de notre édition.

Ce Sentiment, dont les signataires sont rangés par ordre d’ancienneté, est précédé de cette explication, à la fin de l’Avis au lecteur :

« C’est tout ce que j’avais à te dire sur cette matière, te protestant d’ailleurs que j’ai si peu d’attache à mes sentiments, que je t’expose de bonne foi, que je n’aurai point de peine à les rétracter aussitôt que j’en trouverai de plus raisonnables. Néanmoins, je les soumets dès à présent à la censure de la plus florissante École de l’Univers, de laquelle les avis différents ne doivent point donner d’avantages à ses ennemis puisque, comme les plus beaux concerts de musique se forment de voix différentes et les plus agréables bouquets sont composés de diverses fleurs, la diversité des opinions des médecins de cette maîtresse Faculté ne servira qu’à la rendre plus recommandable, puisqu’elle n’empêche pas l’étroite union qui a toujours été entre eux pour les points fondamentaux de la médecine. Cependant, pour te faire voir qu’ils sont déjà beaucoup disposés à s’accorder sur cette matière, voici ce qu’en pensent 61 de ces célèbres docteurs, et ce qu’il y a à espérer du reste, qui n’a pas encore voulu, pour quelques considérations particulières, se déclarer en faveur de l’antimoine, bien qu’il n’y en ait aucun d’eux qui ne le pratique. »

Le tableau des docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris, établi par Patin le 23 novembre 1651 dans les Commentaires de son décanat (v. note [11] des Actes de 1651‑1652), compte 111 collègues, qui tous étaient en vie le 26 mars 1652 : les antimoniaux y étaient donc majoritaires de 11 voix ; la scission était extrêmement grave, à tenir pour une véritable déclaration de rébellion. Aucune mention de cet Avis, signé sous le décanat de Patin, ne se trouve dans ses Commentaires, qu’il tenait pourtant méticuleusement à jour.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 5 décembre 1653. Note 3

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(Consulté le 25.10.2020)

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