De Hermann Conring, le 14 mai 1666
Note [3]

Hermanni Conringii de Habitus corporum Germanicorum antiqui ac novi causis Liber singularis. Editio tertia prioribus multum auctior [Livre unique d’Hermann Conring sur les raisons de la conformation ancienne et présente du corps chez les Allemands. Troisième édition fort augmentée par rapport aux deux précédentes] (Helmstedt, Henning Müller, 1666, in‑4o) ; v. note [13], lettre latine 37, pour les deux précédentes éditions (ibid. 1645 et 1652). Une quatrième édition a paru à Francfort en 1727.

Datée d’Helmstedt le 6 juin 1666 et adressée Ioanni Capelano Christianissimo regi a sanctioribus consiliis [à Jean Chapelain (v. note [15], lettre 349), conseiller du roi très-chrétien], l’épître dédicatoire commence par ces trois phrases :

Offero, Vir illustris, libri de Germanicorum corporum habitu, intra viginti unumque annos tertiam, et ætate jam in senium vergente, suprema manu emendatam atque auctam editionem ; adeoque totum tui unius nomini jam ultimo quasi elogio volumen illud consecro. Argumentum fateor ex artis Medicæ Naturalisque Philosophiæ penu tantum non omne depromptum est, ac proinde tibi non satis conveniens, si dignitatem videam et amplissimum illud munus quo in republica fungeris. Cumque non omnino sit novus liber, possit videri tantum in partem te venire consecrationis.

[Ayant atteint un âge qui frise la vieillesse, {a} je vous présente, illustre Monsieur, la troisième édition en 21 années de mon livre sur la conformation du corps chez les Allemands, augmentée et corrigée avec le plus grand soin ; et qui plus est, en ultime éloge, c’est à vous seul que je dédie maintenant ce volume entier. {b} Sa matière, je l’avoue, provient presque tout entière de l’art médical et de la philosophie naturelle, et ne vous sied guère tout à fait, si je considère votre haut rang et cette très éminente charge que vous occupez en la république des lettres ; {c} mon livre n’étant en outre pas entièrement nouveau, il pourrait paraître n’honorer qu’en partie votre mérite]. {d}


  1. Né le 9 novembre 1606, Conring était dans sa 60e année d’âge ; Jean Chapelain en était à sa 71e.

  2. Membre de l’Académie française dès sa fondation en 1634, Chapelain n’était ni médecin ni naturaliste, mais poète et critique littéraire.

  3. Conring avait dédié la première édition (1645) à Ulrich, comte et seigneur de Frise orientale (1605-1648), et la deuxième (1652) à ses trois fils, Enno Ludwig (1632-1660), Georg Christian (1634-1665) et Edzard Ferdinand (1636-1668). Ces princes avaient été les généreux mécènes de Conring.

  4. En 1662, Jean-Baptiste Colbert avait chargé Chapelain de dresser une liste des écrivains et des savants, français et étrangers, dignes d’être récompensés par le roi de France. À ce titre, Conring jouissait depuis 1664 d’une rente annuelle de mille livres (Éloy, et Pellisson et d’Olivet Histoire de l’Académie française, 1743, tome second, pages 152‑153). La suite de l’épître exprime la vive gratitude de l’auteur à l’égard de l’académicien et de Louis xiv. Thomas Reinesius fut aussi gratifié de la sorte pour ses mérites littéraires (v. note [1], lettre latine 459).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Hermann Conring, le 14 mai 1666. Note 3

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(Consulté le 16.12.2019)

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