À Claude II Belin, le 28 octobre 1631
Note [30]

De Utilitate ex adversis capienda libri iv [Quatre livres sur le profit à tirer des infortunes] (Bâle, H. Petri, 1561, in‑8o, v. note [4], lettre 109, pour le drame familial qui a suscité l’écriture de ce livre) de Jérôme Cardan (Gerolamo Cardano, Pavie 1501-Rome 1576), philosophe et médecin, qui exerça et enseigna tour à tour, avec le plus grand succès, dans plusieurs facultés d’Italie : Milan, Pavie, Bologne, Rome.

Éclectique à l’extrême, Cardan donne la complète image de l’érudit fantasque et paradoxal au xvie s. On le connaît aujourd’hui surtout pour ses travaux mathématiques (notamment la résolution de l’équation du troisième degré) et mécaniques (le mode ingénieux de transmission qui a immortalisé son nom), mais les très nombreux livres qu’il a laissés touchent aussi à la philosophie, la morale, la dialectique, la physique, la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie, l’astrologie, la médecine, l’histoire naturelle, la musique, l’anatomie, l’histoire, la grammaire et l’éloquence (A.-J.-L. Jourdan in Panckoucke).

V. note [96] du Faux Patiniana II‑7 pour quelques éclairages sur la vie intime de Cardan, tirés de ses propres écrits. La correspondance de Guy Patin a surtout parlé de deux de ses ouvrages.

  • L’imprimeur a résumé l’ambition des De Subtilitate Libri xxi [Vingt-et-un livres de la Subtilité] de Cardan (Nuremberg, Johannes Petreius, 1550, in‑4o) dans leur sous-titre :

    Habes hoc in libro candide Lector, plus quam sesquimille, variarum, non vulgarium, sed difficilimum, occultarum et pulcherrimarum rerum causas, vires, et proprietates, ab authore hincinde experimento observatas : quæ non solum propter cognitionem delectabiles, sed etiam ad varios usus, tum privatos tum publicos multo utiliores, quam hactenus plurimorum scripta, quæ etsi ex Philosophia sint, minoris tamen momenti esse, legens hæc et illa, haud mecum dissentiet : util singula in adiecto indice perspicue licet cernere.

    [Tu as dans le livre que voici, candide lecteur, plus d’un millier et demi des origines, pouvoirs et propriétés des choses les plus belles, diverses et inconnues du vulgaire, mais ardues et occultes, que l’auteur a observées en se fondant sur l’expérience. {a} Tout cela est non seulement délectable pour la connaissance, mais aussi plus utile à divers égards, tant publics que privés, que ce que nombre d’auteurs ont écrit jusqu’ici. Bien qu’ils aient traité de philosophie, ceux-là ont été de moindre importance que celui-ci ; comme l’index que j’ai ajouté permet de le voir clairement, on ne me donnera pas tort en le lisant celui-ci après ceux-là].


    1. « Cardan dit que chaque chose a une propriété secrète – sa subtilité – qui la rend utile à la vie humaine. Pour découvrir cette subtilité, il faut approfondir les analogies de la Nature. C’est pourquoi Cadan établit des correspondances entre les couleurs, les saveurs et les planètes. […] Sa connaissance des plantes ne relève pas de la botanique, mais de l’étude de leurs sympathies et antipathies » (Alexandrian, pages 300‑301).

    Cette somme ésotérique a connu un grand succès et été publiée en français : Les livres de Hierosme Cardanus médecin Milanais, intitulés de la Subtilité, et subtiles inventions, ensemble les causes occultes et les raisons d’icelles. Traduits de latin en français par Richard le Blanc… (Rouen, veuve du Bosc, 1642, in‑8o). Pour son caractère novateur et son adhésion à la philosophie occulte, elle a fait l’objet d’une longue et virulente réfutation par Jules-César Scaliger (Paris, 1557, v. note [5], lettre 9).

  • Charles Spon a procuré une monumentale édition des Opera omnia [Œuvres complètes] de Cardan (Lyon, 1663, v. notes [8], lettre 749).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 octobre 1631. Note 30

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(Consulté le 13.05.2021)

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