À Charles Spon, le 3 septembre 1649
Note [35]

« dans son petit livre sur les écrivains de l’histoire » : De natura et proprietatibus historiæ Commentarius, privatim in gymnasio Dantiscano propositus a Bartholomæo Keckermanno, philosophiæ ibidem professore [Commentaire sur la nature et les propriétés de l’histoire, que Bartholomäus Keckermann (mort en 1609, v. note [18], lettre 181), professeur au Gymnasium de Dantzig, y a présenté séparément] (Hanau, Guilielmus Antonius, 1610, in‑8o), qui est un auctarium [supplément] au De natura et proprietatibus historiæ Commentarius paru en 1595.

Même s’il ne partage pas toujours ses jugements, Keckermann y reconnaît les mérites de Juste Lipse comme historien, avec cette curieuse remarque sur les mensonges qui se glissent dans les récits historiques (page 34) :

Lipsius in Epist. quadam de studio Historico, dividit Hstoriam in fabulosam et veram ; quam partitionem probare non possum.

[Dans une de ses lettres sur l’étude historique, Lipse partage l’histoire en imaginaire et véritable ; division que je ne puis approuver].

Le passage auquel pensait Guy Patin se trouve page 170 dans le paragraphe xix du chapitre iii (De Historiarum scriptoribus in specie ; et primo quidem de iis, qui separatas historias, easque simplices et minus combinatas scripserunt [Ceux qui écrivent des histoires en particulier ; et en premier bien sûr, de ceux qui ont écrit des histoires isolées, et les ont faites simples et peu entrelacées]) de l’appendice du traité (Auctarium ad Commentarium historicum, quod auctor ob valetudinem adversam hactenus absolvere non potuit [Supplément au Commentaire historique, que l’auteur n’a pas pu achever plus tôt à cause de sa mauvaise santé]) :

Quod ad sexum fœmineum attinet : Iacobus Bergomensis descripsit vitam Mariæ, plurimis fabulis inspersis ; similiter Iohannes Pinus scripsit de vita B. Catherinæ. Falerandus Furannius de vita Iohannæ Francæ scripsit versibus, et quod cum dolore dico, Iustus Lipsius eo abreptus est, ut etiam scripserit vitam Mariæ Halensis, ut et alterius cuiusdam in ista vicinia.

[Pour ce qui touche au sexe féminin : Giacomo Filippo Foresti de Bergame {a} a donné une vie de Marie en y répandant quantité de fables ; Jean du Pin {b} a pareillement écrit sur la vie de la bienheureuse Catherine. Falerandus Furannius a écrit en vers sur la vie de Jeanne de France {c} et je le dis avec peine, Juste Lipse s’est laissé emporter au point même d’écrire la vie de [sainte] Marie de Hal, {d} ainsi que celle d’une autre de ce voisinage].


  1. Moine augustin (1434-1520).

  2. Évêque de Rieux au xvie s.

  3. Sic pour Valerandus Varanius (Valerand de la Varanne, poète latin français du xviie s.) : De Gestis Joanne virginis France egregie bellatricis libri quatuor [Quatre livres sur l’histoire de Jeanne de France, noble et vierge guerrière] (Paris, Jean de La Porte, 1516, in‑4o).

  4. Citation reprise dans le Grotiana : v. note [31] de sa première partie.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 septembre 1649. Note 35

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0195&cln=35

(Consulté le 21.09.2021)

Licence Creative Commons