À Charles Spon, le 25 novembre 1653
Note [39]

V. note [28], lettre 324, pour la traduction des Satires de Juvénal par Denis Challine.

L’Esprit de Guy Patin, page 45 :

« Qu’on traduise de la prose latine tant qu’on voudra, j’y consens pour le plaisir de ceux qui n’entendent pas cette langue ; mais je ne consens pas de même qu’on traduise en prose les poésies latines. Leurs auteurs ne sont plus reconnaissables dans ces traductions, ils y sont tout à fait défigurés. Qui osera me dire, par exemple, qu’un traducteur me donnera tout le sel aux deux vers adressés à un grand buveur :

Hausisti quot ferre tuus quit pocula venter ;
Pocula non lædunt paucula, multa nocent
 ? {a}

Le jeu de mots {b} qui règne dans le latin ne peut jamais paraître dans le français. Ainsi notre langue n’est point susceptible de ces petits enjouements si fréquents dans la latine. »


  1. Les deux vers cités sont tirés des Épigrammes du Gallois John Owen poète latin surnommé le Martial britannique (1564-1622), livre xii, 12, In gulonem quemdam (Contre un certain glouton). On peut (mal) les traduire en « Tu as englouti autant de coupes [pocula] que ta panse peut en supporter : fort peu de gens [paucula] résistent aux méfaits des coupes, quand elles nuisent au plus grand nombre ».

  2. Entre pocula et paucula.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 novembre 1653. Note 39

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(Consulté le 24.11.2020)

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