À André Falconet, le 24 octobre 1662
Note [4]

Louis xiv s’attachait alors à faire du Louvre le plus beau palais d’Europe. Travaux et agrandissements concernaient ce qu’on appelle aujourd’hui la Cour carrée, sur l’emplacement de l’ancien palais médiéval.

En 1663, l’architecte Louis Le Vau ayant à peu près achevé la construction des ailes nord et sud, il resta à construire l’aile est qui devait former l’entrée principale du Louvre d’alors. Le Vau se mit à l’ouvrage quand Colbert, nommé surintendant des bâtiments royaux, lui ordonna de suspendre son travail car il avait été séduit par le projet concurrent de colonnade conçu par Claude Perrault, bien qu’il ne fût pas architecte, mais médecin. Toutefois, préoccupé d’avoir à prendre seul une décision de telle importance, Colbert fit envoyer à Nicolas Poussin, alors à Rome, les plans de Le Vau et de certains autres concurrents, à l’exception toutefois de ceux de Perrault. Poussin renvoya ces projets accablés de critiques et y adjoignit plusieurs plans nouveaux qui ne satisfirent nullement ni Colbert ni Louis xiv. 

Le ministre allait se décider à prendre sur lui d’adopter le projet de Perrault quand, pressé vivement par les sollicitations de l’abbé Benedetti et du pape Alexandre vii, il chargea l’ambassadeur du roi à Rome, le duc de Créqui, de faire venir à Paris le fameux Bernin (v. note [2], lettre 843). Arrivé à Paris en 1665, l’artiste italien présenta au roi un projet qui ne manquait pas de grandeur, mais qui ne fut pas retenu ; sa santé affaiblie et les dégoûts que lui suscitèrent les artistes français, jaloux de voir les plans d’un étranger préférés aux leurs, le déterminèrent à retourner à Rome. Le cavalier Bernin parti, Colbert n’hésita plus : il appela Claude Perrault, qui se mit à l’œuvre ; la première pierre fut posée par Louis xiv le 17 octobre 1665 et la nouvelle façade fut achevée en 1670 ; c’est l’actuelle et majestueuse colonnade du Louvre qui fait face à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. En 1680, Louis xiv se désintéressa entièrement des embellissements du Louvre pour ne plus s’occuper qu’à la construction de Versailles.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 24 octobre 1662. Note 4

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(Consulté le 07.12.2019)

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