De Adolf Vorst, le 4 novembre 1661, note 5.
Note [5]

« cette bête sauvage, j’entends une guerre, rien moins que belle ».

Adolf Vorst jouait sur l’étymologie incertaine du mot bellum, telle qu’Érasme l’a expliquée dans son très long adage no 3001, Dulce bellum inexpertis [La guerre est douce à ceux qui ne la connaissent pas] : {a}

Neque non viderunt hæc grammatici, quorum alii bellum κατ’ αντιφρασιν dictum volunt, quod nihil habeat neque bonum neque bellum, nec alia ratione bellum esse bellum quam Furiæ sunt Euminides ; alii malunt a bellua deductum, quod belluarum sit, non hominum, in mutuum exitium congredi.

[Cela n’a pas échappé aux grammairiens : certains veulent que bellum ait été ainsi nommée par antiphrase, parce qu’elle n’a rien de bon ni de bellum, {b} et qu’elle est la guerre comme les Furies sont les Euménides ; {c} d’autres préfèrent la dériver de bellua, {c} parce que s’entretuer serait le propre des bêtes et non des hommes].


  1. V. note [3], lettre 44 pour le Bellum [La Guerre], texte de cet adage qui a été publié seul à Bâle en 1517.

  2. Beau, charmant : Érasme aurait pu intituler son adage Belle bellum inexpertis, mais a préféré être fidèle à ses sources antiques qui ont utilisé dulcis (Végèce) et γλυκυς (Pindare).

  3. « Euménides : Nom que les Grecs ont donné aux Furies des enfers [v. première notule {d}, note [35], lettre 399]. Les savants ne conviennent pas sur l’origine de ce mot. Eustathe et Servius ont cru qu’elles ont été ainsi nommées par un sens contraire, et par antiphrase, comme parlent les grammairiens, car eumenes, en grec, signifie doux et bénin, qui sont des qualités contraires à celles des Furies. Mais plusieurs écrivains modernes rejettent cette étymologie, ou origine : ils prétendent que le nom d’Euménides a été imposé aux Furies en son vrai sens, et qu’elles furent ainsi appelées lorsqu’Oreste fut absous du meurtre qu’il avait commis en la personne de sa mère ; Minerve apaisa les Furies et les adoucit, en sorte qu’elles cessèrent de poursuivre et de tourmenter Oreste » (Trévoux).

  4. Bête sauvage.

V. note [27] du Faux Patiniana II‑6 pour le Siècle d’or.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Adolf Vorst, le 4 novembre 1661, note 5.

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(Consulté le 14/04/2024)

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