À André Falconet, le 1er février 1650
Note [6]

Néron (Nero Claudius Cæsar Augustus Germanicus, 37-68 apr. J.‑C) a été empereur romain de 54 à 68. Fils d’Agrippine, sœur de l’empereur Calligula, Néron fut adopté par l’empereur Claude (10‑54, empereur en 41), à qui il succéda. Bien qu’il fût bon administrateur des affaires publiques, sa vie et son règne n’ont été qu’une longue et fort célèbre suite de complots, d’assassinats et de débauches en tous genres.

Suétone, Vie des douze Césars (Néron, livre vi, chapitre xxxiii, § 1) :

Parricida et cædes a Claudio exorsus est, cuius necis etsi non auctor, at conscius fuit, neque dissimulanter, ut qui boletos, in quo cibi genere venenum is acceperat, quasi deorum cibum posthac proverbio Græco conlaudare sit solitus.

[Ses parricides et ses meurtres commencèrent par l’assassinat de Claude, car, s’il ne fut pas l’auteur de ce crime, il en fut du moins le complice ; et loin de s’en cacher, à partir de ce moment, il prit l’habitude de citer un proverbe grec célébrant comme un mets des dieux les champignons qui avaient servi à empoisonner Claude].

Tacite (Annales, livre xii, chapitres lxvi-lxvii) en a dit plus long sur l’assassinat de l’empereur Claude sur l’ordre de son épouse Agrippine, la mère de Néron :

Deligitur artifex talium vocabulo Locusta, nuper veneficii damnata et diu inter instrumenta regni habita. Eius mulieris ingenio paratum virus, cuius minister e spadonibus fuit Halotus, inferre epulas et explorare gustu solitus. […] infusum delectabili boleto uenenum.

[On choisit une artiste en pareille matière, une nommée Locuste, condamnée récemment pour empoisonnement et utilisée longtemps comme l’un des instruments du pouvoir. Avec art, cette femme prépare un poison que fut chargé d’administrer l’un des eunuques, Halotus, à qui incombait ordinairement le soin d’apporter les mets et de les goûter le premier. (…) le poison fut répandu dans un excellent ragoût de cèpe]. {a}


  1. V. note [18], lettre 804, pour un retour de Guy Patin sur cette histoire.

La fin de la lettre est un emprunt manifeste à celle que Patin a adressée à Charles Spon le 22 mars 1650, mais on l’a conservée à cause du début.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 1er février 1650. Note 6

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(Consulté le 23.09.2021)

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