À Charles Spon, le 12 mars 1658
Note [6]

Macé ii Bertrand de La Bazinière (mort en 1688), fils aîné de Macé i (v. note [15], lettre 405), nommé trésorier de l’Épargne en 1643, en succession de son père, était l’un des très riches financiers de Paris. En 1644, il avait épousé Françoise de Barbezières, demoiselle de Chémeraud (v. note [19], lettre 484).

La Chambre de justice (1661-1664) allait condamner Macé ii à la ruine et à la prison parce qu’il était mêlé aux malversations dont on accusait Nicolas Fouquet, le surintendant des finances ; puis, comme dit Saint-Simon (Mémoires, tome ii, page 348), il « revint sur l’eau mais sans emploi ».

Toute à ses futilités de cour, Mlle de Montpensier a consigné ce bal dans ses Mémoires (première partie, volume 3, chapitre xxx, pages 210‑211), mais sans se soucier le moins du monde de la catastrophe du Pont-Marie :

« Mme de La Bazinière donna une assemblée, où la reine de Suède vint, et un souper fort magnifique ; elle dansa d’une manière assez ridicule et qui fit rire la compagnie. […] La relation que nous fîmes à la reine de la danse de la reine de Suède lui donna envie de la voir danser ; et pour en rire avec plus de liberté, on ne voulut pas faire une grande assemblée ; de sorte que le roi envoya un soir savoir s’il lui plaisait de descendre, car il dansait tous les soirs, et la reine me commanda de venir. Mais elle n’eut pas le plaisir qu’elle s’était proposé, car M. Bregis, par un zèle à contretemps, donna avis à la reine de Suède que l’on s’était moqué d’elle et qu’il ne fallait point qu’elle dansât ; ce qui fut cause qu’elle ne fit que des révérences, et le bal finit fort promptement. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 12 mars 1658. Note 6

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(Consulté le 28.11.2022)

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