À André Falconet, le 4 décembre 1663
Note [6]

François de L’Hospital, comte du Hallier (v. note [7], lettre 83), maréchal de France, mort en 1660, avait épousé en secondes noces, en 1653, Françoise Marie Mignot (1631-1711) qui avait été lingère à Grenoble.

Saint-Simon (Mémoires, tome iv, pages 348‑349) :

« La maréchale de L’Hospital mourut aussi, célèbre par ses trois mariages et fort vieille, retirée depuis longtemps aux Petites Carmélites. Elle s’appelait Françoise Mignot. Je ne sais si elle était fille de ce cuisinier que Boileau a rendu célèbre pour gâter tout un repas. Elle épousa, primo, Pierre Des Portes, trésorier et receveur général de Dauphiné. {a} Elle avait de la beauté, de l’esprit, du manège et des écus, qui la firent, en 1653, seconde femme du maréchal de L’Hospital, si connu pour avoir tué le maréchal d’Ancre contre les défenses expresses et réitérées de Louis xiii, qui ne voulait que s’assurer de sa personne. Il mourut dans une grande fortune en 1660. La maréchale sa veuve, qui n’avait point d’enfants, fit si bien qu’elle épousa en troisièmes noces, le 14 décembre 1672, {b} en sa maison de Paris, rue des Fossés-Montmarte, paroisse de Saint-Eustache, Jean ii Casimir, successivement prince de Pologne, jésuite, cardinal, roi de Pologne, qui avait abdiqué, s’était retiré en France, où il avait force grands bénéfices, entre autres l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, où il logeait, et où il est enterré. {c} Le mariage fut su et très connu, mais jamais déclaré : elle demeura Mme la maréchale et lui, garda ses bénéfices. »


  1. V. note [6], lettre 715.

  2. Date probablement erronée.

  3. Il mourut le 16 décembre 1672.

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome ii, page 61) :

« Le mercredi 28 novembre, je fus au Parlement entendre les harangues pour les mercuriales […]. Se trouva M. Talon, que tout le monde considéra, chacun sachant ce qui s’était passé. Il paraissait fort gai et le visage content. […] On avait délibéré si l’on le reléguerait quelque part et […] on avait parlé de Brisach, tant l’on était chagrin ! mais […] on avait préféré la douceur. Quelque autre m’a dit que, sur la proposition que l’on reléguerait la maréchale de l’Hospital, l’on dit qu’il la fallait laisser parce que son absence pourrait obliger M. Talon à faire quelque emportement, et que sa présence le retiendrait et pourrait servir à l’empêcher de reprendre ses premiers sentiments de vertu et de vigueur. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 4 décembre 1663. Note 6

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(Consulté le 08.05.2021)

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