À Claude II Belin, le 12 janvier 1632, note 7.
Note [7]

Conrad Gesner, surnommé le Pline de l’Allemagne (Zurich 1516-ibid. 1565), étudia la médecine à Paris, à Montpellier, puis à Bâle où il se fit recevoir docteur ; il se fixa ensuite à Zurich. Travailleur acharné et écrivain prolifique, il a laissé une Bibliotheca universalis [Bibliothèque universelle] (plusieurs fois rééditée et augmentée, v. note [4], lettre 748) et quantité d’ouvrages de médecine, philologie, botanique ou zoologie. « Quand on pense qu’il mourut [de la peste] à 49 ans, qu’il fut toujours pauvre, qu’il était myope et qu’il jouissait d’une mauvaise santé, on conçoit difficilement qu’il ait pu s’élever dans les sciences jusqu’au point où il est parvenu » (Jourdan in Panckoucke). Guy Patin citait ici les cinq livres de son Historiæ animalium [Histoire naturelle des animaux] :

  • liber primus, de quadrupedibus viviparis… [premier livre : sur les quadrupèdes vivipares…] (Zurich, 1551 ; Bâle, 1603, in‑fo) ;

  • Liber secundus de quadrupedibus oviparis [deuxième livre : sur les quadrupèdes ovipares] (ibid., 1554, in‑fo ; Francfort, 1586, in‑fo, traitant des lézards, tortues, caméléons, etc.) ;

  • Liber tertius de avium natura [troisième livre : sur la nature des oiseaux] (ibid. 1555, in‑fo ; Francfort, 1586, in‑fo) ;

  • Liber quartus qui est de piscium et aquatilium animantium natura [quatrième livre : sur la nature des poissons et des animaux aquatiques] (ibid., 1558, in‑fo) ;

  • Liber quintus qui est de serpentium natura [cinquième livre : sur la nature des serpents] (ibid. 1587, in‑fo ; Bâle, 1621).

L’ensemble a été réimprimé en trois volumes à Francfort en 1617 et 1620.

L’œuvre iatrochimique de Gesner a paru en français avec une déroutante curiosité bibliographique :

Quatre livres des secrets de la médecine, et de la philosophie chimique. Faits en français par M. Jean Liébault Dijonnais, docteur médecin à Paris. {a} Esquels sont décrits plusieurs remèdes singuliers pour toutes les maladies tant intérieures qu’extérieures du corps humain : traitées bien amplement les manières de distiller eaux, huiles et quintes essences de toute sorte de matières, préparer l’antimoine et la poudre de mercure, faire les extractions, les sels artificiels, et l’or potable. {b}


  1. Gendre de l’imprimeur Charles Estienne, V. note [2], lettre 755.

  2. Lyon, Benoît Rigaud, 1593, in‑8o.

    Le nom de Gesner ne figure ni dans le titre ni ailleurs dans le livre. Dans son épître, {i} Liébault se contente de dire qu’il s’est résolu à traduire « la seconde partie d’Euonyme, colligée par Gaspard Wolphe, médecin allemand ». Gesner s’est servi de ce pseudonyme pour publier son :

    Euonymi Philiatri, de Remediis secretis, Liber Physicus, Medicus et partim etiam Chymicus, et œconomicus in vinorum diversi saporis apparatu, medicis et pharmacopolis omnibus præcipue necessarius, nunc primum in lucem editus.

    [Livre d’histoire naturelle, médicale et aussi en partie chimique et économique {ii} sur les Remèdes secrets d’Euonyme Philiatre, {iii} dans un apparat de vins de saveur variée, surtout nécessaire aux médecins et à tous les pharmaciens, mis au jour pour la première fois]. {iv}

    1. Adressée à « Monsieur de Sainct-Pons, conseiller et médecin du roi, et premier ordinaire de la reine de Navarre », et datée du 1er janvier 1573.

    2. Méthodique.

    3. Assemblage de racines grecques qui aboutir au sens de « Bien nommé qui aime la médecine ».

    4. Zurich, Andreas Gessner F. [le fils] et Rodophus Wyssenbachius, 1552, in‑8o.

    Une précédente traduction avait paru (Lyon, Balthazar Arnoullet, 1555, in‑4o) sous le titre plus fidèle de :

    Trésor de Evonime Philiatre des Remèdes secrets. Livre Physique, Médical, Alchimique, et Dispensatif de toutes substantiales liqueurs, et appareil de vins de diverses saveurs, nécessaire à toutes gens. Principalement à Médecins, Chirurgiens et Apothicaires.

V. notule {a}, note [34] du Faux Patiniana II‑5, pour la monumentale Bibliotheca universalis [Bibliothèque universelle] de Conrad Gesner (Zurich, 1545), avec un fragment de son autobiographie.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 12 janvier 1632, note 7.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0009&cln=7

(Consulté le 28/05/2024)

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