À Claude II Belin, le 5 juillet 1651
Note [7]

Ramus (Pierre La Ramée, né à Cuts dans le Vermandois), fils d’un gentilhomme ruiné, parvint à se faire recevoir maître ès arts grâce à son travail acharné, remplissant le jour les fonctions de valet au Collège de Navarre et passant les nuits à l’étude. Il émit quelques idées pédagogiques proches de celles de Montaigne et écrivit deux ouvrages contre Aristote, Dialecticæ partitiones [Divisions dialectiques] et Aristotelicæ animadversiones [Remarques aristotéliciennes] (1543), mettant en avant certaines méthodes de persuasion issues de Quintilien (v. note [4], lettre 244).

La Sorbonne s’émut et le Conseil du roi condamna Ramus. En 1545, le principal du Collège de Presles lui offrit pourtant de le suppléer. En 1547 Henri ii annula l’arrêt de la Sorbonne et en 1551, grâce au cardinal Charles de Lorraine, Ramus obtint une chaire au Collège royal, dont il fut le premier professeur de mathématiques. Après le colloque de Poissy (1561), Ramus se convertit aux idées de la Réforme (quoi qu’en dise ici Guy Patin) et dut quitter sa chaire. Il la reprit après la paix d’Amboise, de 1563 à 1567. En 1568, il entreprit un voyage en Allemagne, notamment à Marburg et à Heidelberg, où ses idées en logique connurent le succès. Après la paix de Saint-Germain (1570), il revint à Paris. Des assassins soudoyés par Jacques Charpentier (Carpentarius, v. note [51], lettre 97), son ennemi, le tuèrent dans son Collège de Presles au cours de la nuit de la Saint-Barthélemy (26 août 1572) (G.D.E.L.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 5 juillet 1651. Note 7

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(Consulté le 04.06.2020)

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