À Charles Spon, le 29 mars 1658
Note [7]

Anne de Montmorency (Chantilly 1492-Paris 1567) duc, pair et connétable de France, filleul d’Anne de Bretagne qui lui avait donné son prénom, fut ami d’enfance du futur François ier et par la suite, jusqu’à sa disgrâce de 1541, l’un de ses fidèles compagnons d’armes contre Charles Quint. Anne retrouva sa puissance aux côtés du roi Henri ii (couronné en 1547). Meneur des catholiques durant les guerres de Religion, il mourut des suites d’une blessure reçue à la bataille de Saint-Denis. Dernier acte de la conquête des Trois-Évêchés et fruit de l’alliance d’Henri ii avec les princes allemands protestants contre l’empereur Charles Quint, la prise de Metz, par ruse politique, eut lieu non pas en 1551, mais le 18 avril 1552 :

« Le roi, conseillé du connétable, avec consentement, résolut l’entreprise d’Allemagne, espérant en profiter pour abaisser l’empereur son ennemi ; [il] laisse la régence à sa femme, les armes à M. d’Annebault, ne craignant plus le connétable qu’icelui balançât sa faveur, étant comme roi lui-même. Sa Majesté envoie quérir le sieur de Tavannes en Piémont, au regret du sieur de Brissac qui [ne] se fiait [pas] du tout en lui. Le roi le crée et le sieur de Bourdillon maréchaux de camp de l’armée, composée de 5 000 chevaux, 17 000 hommes de pied français et 12 000 Allemands. Le roi à Joinville[-en-Champagne], la duchesse de Lorraine [Christine de Danemark], nièce de l’empereur, abandonnée de secours, le vint trouver, force belles paroles ; son fils [Charles iii de Lorraine] envoyé en France, qui depuis épousa la seconde fille [Claude] du roi, Nancy et toutes les autres places en la main de Sa Majesté, qui mit gouverneur M. de Vauldémont, au regret de la [duchesse] douairière [de Lorraine], laquelle se retire. Le roi, ayant gagné dans Metz ceux de [Gaspard de] Heu [échevin de la ville] par présents et promesses, joint à la division du peuple, dont la négligence n’avait à rien pourvu, arrive aux portes. Le sieur de Tavannes, grande Maison au comté de Ferrette, d’où il était sorti du côté de sa mère : il les harangue, les intimide, les emplit de promesses, tire parole d’eux de recevoir le connétable avec ses gardes et une enseigne des gens de pied ; puisque le roi allait pour la liberté de l’Allemagne, il ne pouvait moins qu’avoir son logis en leur ville ; il conduit les bourgeois au connétable ; soudainement, tous les meilleurs hommes de l’armée sont mis sous une enseigne ; entre en la ville de Metz, les deux maréchaux de camp à la tête. Le sieur de Bourdillon s’avance en la place, le sieur de Tavannes demeure à la porte que les bourgeois voulaient à tous coups fermer voyant cette enseigne si accompagnée, et toujours les en garda par belles paroles. Un capitaine suisse, à la solde de ceux de Metz, tenant les clefs, en ayant vu entrer plus de 700 hommes, les jette à la tête du sieur de Tavannes avec le mot du pays, Tout est choüé, et quitte la porte que le sieur de Tavannes tint jusque le connétable arrive. La ville assurée, le roi fit son entrée à Metz au commencement d’avril 1652 » (Mémoires du maréchal de Tavannes [v. note [5], lettre 467], page 164, que Guy Patin avait sans doute lus récemment).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 29 mars 1658. Note 7

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(Consulté le 25.10.2020)

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