À André Falconet, les 13 et 14 mars 1670
Note [7]

En réponse au curieux vœu testamentaire de l’évêque de Langres, Louis Barbier de La Rivière, {a} il a couru au moins trois épitaphes satiriques.

  • Dans les Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon (Dijon, Frantin, 1832, in‑8o), article intitulé La vie et les ouvrages de Bernard de La Monnoye, {b} G. Peignot en donne deux (année 1832, 2e, 3e et 4e livraisons, pages 58‑59) :

    • « Ci-gît un très grand personnage,
      Qui fut d’un illustre lignage,
      Qui posséda mille vertus,
      Qui ne trompa jamais, et qui fut toujours sage…
      Je n’en dirai pas davantage :
      C’est trop mentir pour cent écus. » {c}

    • « Le bon prélat qui gît sous cette pierre
      Aima le jeu plus qu’homme sur la Terre ;
      Quand il mourut, il n’avait pas un liard.
      Et comme perdre était chez lui coutume,
      S’il a gagné paradis, on présume
      Que ce doit être un grand coup du hasard. »

  • Le Menagiana, édité par ledit La Monnoye (1715, tome premier, page 320) en donne une troisième, qui est probablement celle de François Ogier, dit le Prieur : {d}

    Monsieur de Langre est mort testateur olographe, {e}
    Et vous me promettez, si j’en fais l’épitaphe,
    Les cent écus par lui légués à cet effet :
    Parbleu ! l’argent est bon dans le siècle où nous sommes ;
    Comptez toujours : “ Ci gît le plus méchant des hommes. ”
    Payez, le voilà fait. {f}


    1. V. note [5], lettre 27.

    2. Bernard de La Monnoye (Dijon 1641-1728), poète, critique et philologue, membre de l’Académie française en 1717, est principalement connu pour ses Noëls bourguignons, écrits en dialecte local, qui ont été traduits en français et maintes fois édités. Plusieurs notes des Ana de Guy Patin citent ses observations sur l’Anti-Baillet de Gilles Ménage (édition de Paris, 1730, v. seconde notule {a}, note [57] du Naudæana 1), son Menagiana et d’autres de ses productions littéraires.

    3. Trente pistoles valaient 330 livres tournois, soit 110 écus.

    4. V. note [5], lettre 217.

    5. Variante poétique d’holographe, c’est-à-dire entièrement autographe.

    6. La remarque de La Monnoye marque bien qu’il n’était pas auteur de cette épitaphe : « On doit écrire Langres, et faire épitaphe du féminin. Celle-ci n’est donc pas correcte. La suivante méritait mieux les cent écus. » Suit la première des trois citées ci-dessus.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, les 13 et 14 mars 1670. Note 7

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0977&cln=7

(Consulté le 05.02.2023)

Licence Creative Commons