De Thomas Bartholin, le 17 juillet 1647
Note [7]

Ovide (Métamorphoses, épître vi, vers 383‑400) a chanté la terrible infortune de Marsyas, satyre de Phrygie :

Sic ubi nescio quis Lycia de gente virorum
rettulit exitium, satyri reminiscitur alter,
quem Tritoniaca Latous harundine victum
adfecit pœna, “ quid me mihi detrahis ? ” inquit ;
“ah ! piget, ah ! non est ” clamabat “ tibia tanti ”.
Clamanti cutis est summos direpta per artus,
nec quicquam nisi vulnus erat ; cruor undique manat,
detecti que patent nervi, trepidæque sine ulla
pelle micant venæ ; salienta viscera possis
et perlucentes numerare in pectore fibras.
Illum ruricolæ, silvarum numina, fauni
et satyri fratres et tunc quoque carus Olympus
et nymphæ flerunt, et quisquis montibus illis
lanigerosque greges armentaque bucera pavit.
fertilis immaduit malefacta terra caducas
concepit lacrimas ac venis perbibit imis ;
qua subi fecit aquam, vacuas emisit in auras.
Inde petens rapidus ripis declivibus æquor
Marsya nome habet, Phrygiæ liquidissimus amnis
.

[Après qu’on eut raconté la triste aventure des pâtres de Lycie, on se rappela celle du satyre si cruellement puni par le fils de Léto, {a} vainqueur au combat de la flûte inventée par Minerve : « Pourquoi me déchires-tu ? dit-il. Ah ! je me repens de mon audace. Fallait-il qu’une flûte me coûtât si cher ! », criait-il. Alors, tous ses membres sont dépouillés de la peau qui les couvre. Son corps n’est qu’une plaie. Son sang coule de toutes parts. Ses tendons sont mis à nu. On voit le mouvement de ses veines; on voit ses entrailles palpitantes, et l’œil peut compter ses fibres transparentes. Les dieux des forêts, les faunes champêtres, les satyres ses frères, Olympus, son célèbre disciple, les nymphes, et tous les bergers de ces contrées, versent des pleurs sur son malheureux sort. La terre s’abreuve de quantité de larmes ; elle les rassemble et les faisant couler sur son sein, elle en forme un nouveau fleuve qui, sous le nom de Marsyas, roule les eaux les plus limpides de la Phrygie, et va, par une pente rapide, se perdre dans la mer]. {b}


  1. Apollon (v. note [8], lettre 997).

  2. Cette rivière, affluent du Méandre (v. notule {a} de la note [18], lettre 192), porte aujourd’hui le nom turc de Çine Çayi.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Thomas Bartholin, le 17 juillet 1647. Note 7

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(Consulté le 20.10.2020)

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