À Charles Spon, le 2 mars 1643
Note [8]

La Silva ad Franciscum Augustum Thuanum, Iac. Augusti F. [Silve à François-Auguste de Thou, fils de Jacques-Auguste] est l’avant-dernier poème du recueil (pages 524‑535, env. 350 vers). Le passage qu’en citait Guy Patin se trouve page 533 :

Sed sæpius annis
A nostris oculos ad sæcula prisca retorque,
Cum rudis et simplex nondum se fecerat artem,
Religio : nondum titulum pietatis habebat
Fulmineus Mavors et sceptri dira cupido :
Cum brevis hoc totum melior quo vita paratur,
Regula dictabat, non solis nota magistris,
Sed populi commune bonum : neque docta ferebant
Iurgia dissidium, sed certabatur amando :
Omnibus idem ardor verum defendere tantum,
Morte sua, nullusque alieni sanguine usus
.

[ Mais détourne plus souvent ton regard de notre temps pour contempler les siècles d’antan, quand la religion était innocente et simple, et ne s’était pas encore façonnée en intrigue : Mars fulminant et le désir barbare du pouvoir ne portaient pas encore le titre de piété ; alors une courte règle ordonnait tout ce qu’il faut pour ménager une vie meilleure, non pas une distinction pour les seuls maîtres, mais le bien commun du peuple ; et de savantes disputes ne portaient pas la discorde, mais on la combattait pour s’aimer ; il y avait chez tous la même ardeur à protéger la justice jusqu’à y perdre la vie, et sans nul besoin du sang d’autrui].

Guy Patin a souvent marqué sa profonde, mais illusoire nostalgie des siècles passés, d’un âge d’or où l’amour du prochain et le bonheur de tous auraient résumé les lois, loin des manigances des puissants et des criminels.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 2 mars 1643. Note 8

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0077&cln=8

(Consulté le 17.11.2019)

Licence Creative Commons