De Jean de Nully, le 21 janvier 1656
Note [8]

Protée (Furetière) :

« Homme fabuleux qui changeait à tout moment de forme et de figure ; et cette fable vient de ce qu’un roi d’Égypte nommé Protée, selon la coutume du pays, portait sur la tête, par ornement et pour marque de sa dignité, des figures de taureaux, de dragons, d’arbres et d’autres choses semblables ; ce qui a fait que les peuples ont transporté à sa personne les figures de ses habillements de tête, comme dit Diodore Sicilien. {a} On tient même que de là vient l’origine des casques, des cimiers qu’on voit encore dans le blason ».

Fr. Noël a plus précisément résumé le mythe de Protée :

« Dieu marin, fils de l’Océan et de Téthys, né à Pallène en Macédoine, était le gardien des troupeaux de Neptune, {b} appelés phoques ou veaux marins ; et son père, pour le récompenser des soins qu’il en prenait, lui avait donné la connaissance du passé, du présent et de l’avenir. Pour le consulter, il fallait le surprendre pendant qu’il dormait, et le lier de manière qu’il ne pût s’échapper ; car il prenait toutes sortes de formes pour épouvanter ceux qui l’approchaient ; mais si l’on persévérait à le tenir bien lié, il reprenait enfin sa première forme et répondait à toutes les questions qu’on lui faisait. » {c}


  1. V. note [33] du Borboniana 3 manuscrit.

  2. V. note [6] du Faux Patiniana II‑7.

  3. Protée a perdu sa majuscule initiale pour devenir un nom commun désignant une personne ou une chose qui change constamment d’apparence ; en a dérivé l’adjectif « protéiforme ».

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Jean de Nully, le 21 janvier 1656. Note 8

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(Consulté le 25.01.2022)

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