Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643)
Note [89]

Probable allusion à la crise politique qu’Omer Talon a relatée au début de ses Mémoires (volume i, pages 8‑9) : dans les mois qui avaient suivi la journée des Dupes (11 novembre 1630, v. note [10], lettre 391), Richelieu avait contraint Gaston d’Orélans à fuir en Lorraine, affirmant que ses intrigues menaçaient la Couronne de guerre civile, et voulant, pour mieux assurer son emprise sur Louis xiii, semer la discorde dans la famille royale.

« M. le duc d’Orléans s’étant retiré de la sorte le dernier janvier 1631, M. le cardinal de Richelieu voulut {a} faire déclarer criminels de lèse-majesté ceux qui lui avaient donné ce conseil ; mais l’affaire ayant été partagée en opinions, le roi s’offensa infiniment de cet arrêt de partage  et après avoir maltraité le Parlement sur ce sujet, il chassa trois officiers : deux présidents des Enquêtes et un des conseillers, ainsi qu’il est fait mention dans le registre ci-attaché du 14 mars 1631. En ce même temps, le roi ayant été à Compiègne, la reine mère {b} voulut être au voyage, mais elle n’en retourna pas ; le roi la laissa dans le château de Compiègne, et mit des gardes entre Paris et Compiègne, afin de l’obliger de faire ce qu’elle fit deux mois après ; savoir est de se retirer en Flandres, et par ce moyen, faire ce que M. le cardinal de Richelieu désirait en effet, de quitter le roi et lui faire croire qu’elle était en bonne intelligence avec M. le duc d’Orléans. M. le cardinal de Richelieu était par ce moyen devenu le maître absolu dans le royaume, et n’avait plus rien à faire qu’à se garantir des inquiétudes de l’esprit du roi, qui était jaloux de son autorité et plein de soupçons, en telle sorte que dans l’événement {c}, le maître et le valet se sont fait mourir l’un l’autre {d} à force de s’inquiéter et de se donner de la peine. »


  1. Fort machiavéliquement.

  2. Marie de Médicis.

  3. À la fin.

  4. En mai 1643, pour le maître (Louis xiii), et en décembre 1642, pour le valet (Richelieu).

L’arrêt du 14 mai suivant (volume i, page 321), sous-titré Ce qui s’est fait au Parlement durant l’affaire de M. le duc d’Orléans, quand il se retira en Lorraine en l’année 1631, et qu’il y eut partage d’opinion pour savoir s’il serait déclaré criminel de majesté, et que sur ce, il y eut des officiers du Parlement exilés, commence par donner les noms des proscrits :

« Ce jour, les députés des chambres des enquêtes et requêtes du Palais ont dit, par Me Jean Le Clerc, conseiller en icelle, qu’ils ont été avertis qu’à Messieurs Pierre Gayant {a} et Jean-Jacques Barillon, {b} conseillers en icelle, et présidents en la première Chambre des enquêtes, et Jean Laisné, aussi conseiller en ladite Cour, a été envoyé mémoires de la part du roi pour eux retirer, savoir : ledit Gayant à Bourges, ledit Barillon à Clermont en Auvergne, et Laisné à Limoges. »


  1. V. note [6], lettre 127.

  2. V. note [24], lettre 39.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643). Note 89

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(Consulté le 03.12.2020)

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