À Charles Spon, le 22 août 1645, note 9.
Note [9]

Le feuillet (sans numéro de page) du Facundi episcopi… portant la signature Tt correspond à une note du P. Sirmond sur le passage précité du livre ix (page 404) de Facundus. La note porte sur Non quod proprie corpus [non pas parce que son corps est proprement du pain] :

Panis consecratus, natura mutatus, panis non est : panis tamen appellatur, quia panis fuit, et panis speciem retinet. Idemque iudicium est vini. Panem rursus vinumque corpus Christi et sanguinem dicimus, ut Augustinus quoque affirmat lib. iii de Trinitate cap. iv. Non proprie, sed figurate : quia sub panis et vini specie corpus Christi et sanguis in sacramento continentur. Nec alia, opinor, in his verbis sententia est Facundi. Nam de veritate carnis et sanguinis Christi in Eucharistia dubitare non potuit, quia post ipsius Domini professionem, ut docet Hilarius libro viii de Trinitate, non est relictus ambigendi locus. etc.

[Le pain qui est consacré a changé de nature, ce n’est pas du pain ; pourtant on l’appelle du pain parce qu’il a été du pain et qu’il conserve l’apparence du pain ; il en va de même du vin. Par conséquent, nous appelons le pain et le vin corps et sang du Christ, comme Augustin l’affirme aussi au livre iii, chapitre ix, De la Trinité. Ce n’est pas au sens propre mais au sens figuré parce que dans le sacrement, le corps et le sang du Christ sont contenus sous l’apparence du pain et du vin. Par ces mots, Facundus n’a, je pense, rien voulu dire d’autre. En vérité, il n’a pu douter de la vérité du corps et du sang du Christ en l’Eucharistie car, après ce qu’a proclamé le Seigneur lui-même, comme l’enseigne Hilarius au livre viii De la Trinité, il n’y a pas lieu à discussion. etc.].

V. note [5] du Borboniana 6 manuscrit pour la communion sous les deux espèces. Tout cela prouve au moins que Guy Patin s’intéressait de très près à certaines questions religieuses, telle ici celle de la transsubstantiation eucharistique qui était au cœur d’un désaccord dogmatique entre catholiques et protestants (après avoir opposé les nestoriens aux monophysites du temps de l’empereur Justinien).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 août 1645, note 9.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0125&cln=9

(Consulté le 05/03/2024)

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