À André Falconet, le 27 avril 1660
Note [9]

« parce qu’il n’a pas recouvré un esprit plus sain et que nul intervalle de lucidité ne se maintient, ce qui fait abandonner l’espoir qu’il aille jamais mieux en une telle sorte de folie. »

V. note [4], lettre 150, pour Michel ii Particelli, seigneur d’Émery et de Thoré, président de la troisième Chambre des enquêtes. Il avait épousé en 1646 Geneviève Le Coigneux (morte en 1688), fille de Jacques Le Coigneux, dont il n’eut pas d’enfant. La mère du président de Thoré était Anne-Marie Le Camus (morte en 1678), fille de Nicolas Le Camus (Popoff, no 1922).

Tallemant des Réaux a donné maints détails sur la folie du président Thoré (Historiettes, tome ii, pages 19‑29), dont voici un échantillon (pages 25‑26) :

« Il voulait qu’un homme d’affaires, nommé Bechamel, son allié et son voisin, coupât ses moustaches pour les lui donner, afin de les mettre comme des coins, {a} et il voulait qu’on lui fît un haut-de-chausses rouge. Vers la Saint-Martin 1659, il devint plus fou que jamais : elle {b} le tient à Tanlay, et par ordonnance des médecins, quatre valets, dès qu’il entre en son accès, le fouettent dos et ventre. Ce qu’il y a de plaisant, c’est que ces mêmes valets, aussitôt qu’ils l’ont bien étrillé et qu’il est revenu, sont auprès de lui dans le plus grand respect du monde. Ses parents voulaient en être les maîtres, mais le président Le Coigneux a maintenu sa sœur ; aussi, elle se venge des tourments qu’il lui a donnés. On dit qu’il a de longs intervalles et que cela ne lui prend que comme la fièvre quarte, mais sans manquer ; de sorte qu’on l’enferme de bonne heure. »


  1. Cheveux postiches.

  2. Sa femme.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 27 avril 1660. Note 9

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0605&cln=9

(Consulté le 08.03.2021)

Licence Creative Commons