À Charles Spon, le 17 juillet 1668, note 9.
Note [9]

« Vive et vale, et aimez-moi. Vôtre de tout cœur, Guy Patin.

À Paris, ce 17e de juillet 1668. »

V. note [54], lettre 97, pour les six livres des Disquisitionum magicarum [Recherches sur la magie] de Martin Anton Delrio (Mayence, 1603). Les punitions des prêtres qui pratiquent la sorcellerie sont traitées dans le livre cinquième, section xvi, De la Peine et Supplice des Sorciers, pages 806‑807 de la traduction française (Paris, 1611) :

« Les prêtres qui, par vengeance ou par dépit, dépouillent les autels, éteignent les luminaires, ou font des choses semblables à dessein de nuire à ceux pour lesquels ils les emploient aux offices de sépulture, doivent être simplement privés de leurs honneurs et dignités, et marqués d’une ineffaçable note d’infamie. Mais ceux qui, poussés de quelques inimitiés et haines particulières, célèbrent des messes des trépassés pour des vivants, afin que ceux pour lesquels ils les célèbrent fondent plus tôt dedans les coffres de la mort, doivent être premièrement dégradés, et puis bannis à perpétuité, quant et {a} ceux qui les ont induits à ce faire ; si ce n’est toutefois que volontairement ils s’en soient confessés devant leur évêque ou métropolitain, et qu’ils en aient fait une condigne pénitence {b} […].

Le prêtre offrant sacrifice sur choses profanes, et lesquelles sont vulgairement estimées propres pour les sortilèges – comme sont une hostie non consacrée, toute pleine de certaines notes et lettres de sang tiré du doigt annulaire, une coiffe {c} d’enfant nouveau-né, du pain non cuit ou de la pâte crue faite en façon de gâteau, la pierre vulgairement dite calamite, {d} et semblables – doit être privé de tous bénéfices et relégué dedans une prison. Et faut en dire autant s’il a pour même effet abusé des vaisseaux ou vêtements sacrés : pour exemple, de la nappe de l’autel, du calice, de l’encensoir, du saint ciboire ou boîte de la sainte eucharistie, de la châsse des reliques, de la pierre sacrée, {e} du corporeau, {f} de l’étole, de l’aube, des parements ou voiles du sanctuaires, etc. {g}

Le prêtre qui, pendant le solennel sacrifice de la messe, aura fait des prières tendant plutôt à péché qu’au culte divin, ou salut des âmes […] doit être puni de pareille peine que les précédents. »


  1. Avec.

  2. Une satisfaction parfaitement égale à la faute.

  3. Arrière-faix, v. note [2], lettre latine de François Rassyne datée du 27 décembre 1656.

  4. Aimantée (et supposée magique).

  5. Pierre d’autel.

  6. Ou corporal : « linge sacré fort propre et délié, qu’on étend sous le calice en disant la messe, pour recevoir les fragments de l’hostie, s’il en tombait quelques-uns » (Furetière).

  7. Tous ces rites sataniques ont pris le nom de messes noires à la fin du xviie s., avec l’affaire dite des poisons : Guy Patin avait donc tort de les prendre pour des rêveries du jésuite Delrio (qui épargnait ici les plus chastes oreilles).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 17 juillet 1668, note 9.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0935&cln=9

(Consulté le 05/03/2024)

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