À Johannes Antonides Vander Linden, le 26 décembre 1653
Note [9]

Ce qui suit est le texte français du feuillet d’une lettre, dont l’auteur, médecin inconnu, demande un avis sur le cas d’un malade ; Guy Patin l’a utilisé pour écrire (verticalement dans la marge de gauche) la fin du brouillon de sa lettre latine à Johannes Antonides Vander Linden (le verso du feuillet lui a servi à écrire le début de sa lettre) :

« […] et de la parole.

Il est encore sujet à une oppression de poumon qui lui cause une grande difficulté de respirer, principalement pendant la nuit ; soit que l’humidité de la nuit ou que sa posture y contribue, ce qui le tient quelquefois pendant quatre ou cinq jours ; et sur le déclin du mal, il jette quantité de flegmes attirés par une toux assez violente et incommode. {a}

Cette oppression de poumon arrive plus ordinairement lorsqu’il a fait quelques voyages, s’il a été secoué, ou du cheval ou autrement par le charroi, ou après quelque exercice un peu violent, ou par réplétion principalement du souper pris un peu tard, ou par évacuation, je pense en raison d’actes vénériens trop fréquents.

Pour prévenir le rhume et cette oppression de poumon : quelle espèce de nourriture, que doit-on faire ou ne pas faire, de quoi doit-on s’abstenir ?

Pendant le mal : ce qu’il faut pareillement faire pour y remédier et rendre soit le rhume ou l’oppression ou la toux plus supportables ?

On a donné pour remède lors de cette oppression notre règle : qu’il jeûne, qu’il ait soif et qu’il s’abstienne de dormir.

Sur ce que dessus sera donné avis par écrit ; et pareillement sur ce que la femme dudit tel, qui approche de son âge, et est fort délicate et maigre, d’un tempérament fort humide, quelquefois, et principalement après le dîner, se trouve dans une faiblesse qui lui empêche le mouvement et la parole, et lui tire les larmes des yeux ; néanmoins, sans qu’elle ressente aucune douleur, et demeure en cet état quelquefois un quart d’heure pendant lequel elle entend bien ce que l’on dit.

Si elle marche un peu plus que l’ordinaire, elle se trouve en grande […] » {b}


  1. Flegme (ou phlegme) : « en langage ordinaire, se dit de ces gros crachats épais que jettent les gens enrhumés et les malades du poumon » (Furetière).

  2. Il est certes téméraire de vouloir porter un diagnostic moderne sur ces deux affections ; mais celle de l’homme peut évoquer un œdème pulmonaire ou un asthme, et celle de sa femme, une ischémie transitoire du cerveau.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johannes Antonides Vander Linden, le 26 décembre 1653. Note 9

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1061&cln=9

(Consulté le 28.01.2021)

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