À Christiaen Utenbogard, le 21 décembre 1663
Note [9]

Passage difficile et discuté, à la fin de la lettre xxvi, livre xv des Lettres à Atticus de Cicéron :

Varroni, quemadmodum tibi mandavi, memineris excusare tarditatem litterarum mearum ; mundus is.

[N’oublie pas de faire mes excuses à Varron {a} pour le retard que je mets à lui répondre ; il est un monde à lui tout seul]. {b}


  1. V. note [1], lettre 14.

  2. mundus is est la formule lapidaire qui se lit dans l’édition publiée en 1580 par Bosius (Siméon Dubois, 1536-1581) et que Guy Patin a précédemment utilisée (v. note [2], lettre 14) en la développant : Is est mundus doctrinæ et thesaurus eruditionis locupletissimus [C’est un monde de science et le plus opulent trésor d’érudition].

    Formant une phrase distincte, séparée du reste par un point, Mundus istum se lit dans d’autres éditions, avec un sens tout autre, « Je souhaite que Mundus l’emporte sur celui dont vous me parlez » (Lettres de Cicéron à Atticus. Avec des remarques, et le texte latin de l’édition de (Johann Georg) Grævius (1632-1703), par M. l’abbé (Nicolas-Hubert) Mongault (1674-1746) de l’Académie française, et ci-devant précepteur de Monseigneur le duc d’Orléans. Nouvelle édition, revue et corrigée ; Paris, veuve Delaulne, 1738, in‑12o, tome sixième, page 375) :

    « Cicéron ne parle souvent qu’à demi-mot, surtout lorsqu’il s’agit de quelque affaire dont Atticus lui avait écrit ; ainsi, on ne peut que deviner. Après Mundus istum, on peut sous-entendre vincat ou exerceat ; car il paraît par la vingt-neuvième lettre de ce livre que Cicéron s’intéressait à cette affaire de Mundus. Bosius lit ici, après un de ses manuscrits, mundus is. Tu etc., et il dit que Cicéron appelle ainsi Varron à cause de sa grande érudition, quod suis libris res omnes divinas et humanas tanquam mundus complexus sit [parce qu’en ses livres, comme un monde, il aurait embrassé toutes les affaires divines et humaines] ; cela est bien tiré. Ce que fit Cicéron dans la vingt-neuvième lettre, où il ne s’agit plus de Varron, de Mundo si quid scies [si tu sais quelque chose de Mundus], fait voir que Mundus est certainement ici un nom propre. Pline, dans son dix-septième livre, cite un Dorsenus Mundus, et ce nom se trouve aussi dans Horace. »


V. note [3], lettre 723, pour le traité de Marten Schoock « sur la Fermentation » (Groningue, 1663).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 21 décembre 1663. Note 9

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1305&cln=9

(Consulté le 18.11.2019)

Licence Creative Commons