À Jan van Horne, le 18 juin 1668, note 9.
Note [9]

Pages 253‑254 de la Microtekne de Jan van Horne (1668), à propos de l’anatomiste italien Gabriel Fallope (v. note [16], lettre 427), rival de Vésale :

Huic subjungo Ambrosium Paræum, sed qualem virum ! Regum Galliarum chirurgum peritissimum, qui ipso rerum usu, gravissimorumque casuum occursu, artem valde locupletavit ; interim scire oportet, ingens illud volumen, quod ipsius nomen in fronte gerit, ab aliis medicinæ doctoribus Parisiensibus concinnatum fuisse, quibus amplam segetem exemplorum chirurgicorum Paræus suppeditavit, quibus alii formam induxerunt ; imo, ut in majorem molem opus excresceret, multa superflua et à chirurgico instituto aliena adjunxerunt. Profecto melius expertus ille vir suæ famæ consuluisset, si singulares curationes et rariorum affectuum observationes, atque remedia, infallibili usu et tot annorum experientia ipsi comprobata, parvo volumine comprehensa edidisset in lucem : ut fecit sane, magna cum nominis sui gloria Gulielm. Fabr. Hildanus, Germanorum decus eximium, et cujus famam sera posteritas loquetur.

[Je place Ambroise Paré au-dessous de lui, mais quel homme ! Très habile chirurgien des rois de France, il a fort enrichi l’art par sa pratique personnelle et sa confrontation avec les cas les plus graves. Il convient cependant de savoir que ce sont d’autres docteurs en médecine de Paris qui ont produit cet énorme volume dont la couverture porte son nom : Paré a fourni en abondance sa belle moisson de cas chirurgicaux à d’autres, qui les ont mis en forme ; et même, pour augmenter l’énorme masse de l’ouvrage, ils y ont ajouté quantité de superfluités étrangères à la pratique chirurgicale. {a} Cet homme expérimenté aurait bien mieux servi sa réputation s’il avait publié, ramassés en un petit volume, les guérisons singulières, les observations de maladies plus que rares et les remèdes qu’il avait lui-même confirmés par un art infaillible et par tant d’années d’expérience, comme le fit sagement, pour sa plus grande gloire, Guillaume Fabrice de Hilden, {b} admirable ornement de l’Allemagne, dont la postérité lointaine chantera toujours les louanges].


  1. V. note [19], lettre 181, pour les médecins, dont Jean Haultin et Henri Blacvod, qui ont probablement participé à la rédaction des livres qu’Ambroise Paré a signés de son seul nom, et pour ce que Jean ii Riolan en a écrit.

  2. V. note [7], lettre 62.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Jan van Horne, le 18 juin 1668, note 9.

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(Consulté le 13/04/2024)

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